Aide au départ en vacances : un enjeu d’insertion

Cet été, nous nous sommes rendus sur le camping des PEP à la Turballe pour y rencontrer les familles et les travailleurs sociaux impliqués dans le programme Vacances et Insertion. Bonne humeur autour d’un barbecue, jeux d’extérieur et échanges ont coloré cette journée riche en échanges.

Au camping de la Turballe, des enfants de tous âges couraient en tous sens sous le regard apaisé de leurs parents, heureux d’être au grand air, face à l’Atlantique que certains découvraient pour la première fois.

 

Sortir de l’isolement

« La plupart des familles qui viennent ici ne sont jamais parties. Certaines mamans – 95 % de familles monoparentales – n’avaient même encore jamais vu la mer », explique Catherine Janeau Leroy, notre correspondante aux PEP à Nantes. « Partir en vacances ? Quand cette proposition leur est faite, la plupart prennent peur. Au-delà des inquiétudes financières, c’est le changement qui les angoisse. »

 

L’isolement, la rupture de liens sociaux, la honte souvent aussi sont en effet leur quotidien. « Il suffit parfois d’un premier accident de parcours, une maladie, le chômage pour que le train déraille et que la confiance laisse la place à un sentiment d’impuissance. » Comment alors reprendre pied et repartir à l’assaut de sa vie ?

 

Faire à nouveau des projets

Les vacances sont ce prétexte pour amorcer une autre dynamique : faire le point sur ses finances, apprendre à mettre de l’argent de côté, réaliser que l’on a des droits, se projeter dans l’avenir en travaillant ensemble un projet familial positif (aller à la mer, se baigner, pêcher ensemble…). « Ce temps de préparation est tout aussi important que les vacances elles-mêmes », poursuit Sophie Doucet, animatrice socio-culturelle et d’insertion sociale à la maison de quartier de Saint Nazaire.

 

Une fois sur place, dans un cadre sécurisant qu’animent des professionnels passionnés, les familles goûtent alors à un précieux temps de répit.  « Parents et enfants renouent des liens autour d’activités qui font plaisir à tout le monde et la maman retrouve une image positive dans les yeux de ses enfants, c’est très important pour chacun. »

 

Au retour, de nouvelles perspectives grâce au suivi social

Puis vient le temps du retour, du bilan et des projets. Des liens se sont tissés entre les participants qui ont aussi expérimenté la mixité sociale durant leur séjour et de nouvelles perspectives s’ouvrent lentement. « Il faut souvent plusieurs départs pour réamorcer cette dynamique, mais l’analyse sur les dernières années est claire : le programme Vacances et insertion fait la preuve de son efficacité sociale ». L’inscription des enfants à des activités socio-culturelles, la participation des parents à la vie de l’école ou de la commune font partie des signaux qui ne trompent pas. « Quelque chose s’est remis en marche grâce à ce départ. Pas pour tout le monde bien sûr, mais pour la maman qui voit l’horizon se dégager, c’est bel et bien déterminant », conclut Yasmine Sadji, responsable à Solidarité Laïque du programme Vacances et Insertion.

 

Le programme Vacances et Insertion a permis en 2016 à 13741 bénéficiaires de partir en vacances. Les bénéficiaires nous sont adressés par nos délégations départementales qui travaillent en lien étroit avec les centres d’action sociale de leur territoire.

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