Education dans le monde : vers une sortie de crise ?

Le 2 février dernier à Dakar, les Etats ont fortement augmenté leur contribution au Partenariat mondial pour l’éducation. Un espoir pour les 264 millions d’enfants et de jeunes qui ne sont toujours pas scolarisés.

2,3 milliards de dollars de la part des pays donateurs pour le Partenariat Mondial pour l’Education, c’est le résultat d’une mobilisation sans précédent de la société civile pour que toutes et tous aient accès à une éducation de qualité et gratuite. A Dakar, les chefs d’Etat et de gouvernement ont semble-t-il pris la mesure de la crise mondiale de l’éducation. L’objectif de cette conférence était de soutenir 89 pays en développement afin de garantir à chaque enfant une éducation de base de qualité, donnant la priorité aux plus pauvres, aux plus vulnérables et à ceux qui vivent dans les pays touchés par la fragilité et les conflits.

 

Une contribution multipliée par 10 pour la France

En multipliant par 10 le montant versé à ce fonds avec 200 millions d’euros, la France se hisse au rang de quatrième contributeur après la Grande Bretagne, la Norvège et la Commission Européenne. Cette annonce rassure sur les intentions du Président de la République qui avait annoncé qu’il ferait de l’éducation sa priorité. A Dakar, il a également exprimé son souhait que cette l’aide publique au développement cible davantage les pays du Sahel.  Cette contribution marque-t-elle le tournant vers une politique de coopération internationale davantage axée sur l’éducation ? Rappelons que seul 2,5% de l’aide publique au développement de la France était jusque là allouée à l’éducation de base.

L’attente d’engagements politiques concrets

Pour la Coalition Education, “ Ce soutien financier devra être suivi d’engagements politiques concrets au sein des instances du Fonds afin que les priorités soient mises sur les besoins les plus importants. “ Car en effet, trop souvent, l’aide ne cible pas les besoins les plus importants et ne vient pas suffisamment au soutien de l’éducation primaire. “Une partie de l’aide à l’éducation est dédiée à l’accueil des étudiants étrangers en France, ce qui n’est pas son objectif.” souligne Carole Coupez, déléguée au plaidoyer chez Solidarité Laïque.

 

L’importance de la Justice fiscale pour atteindre l’objectif de l’éducation pour tous

De nombreux Etats africains font d’importants efforts pour atteindre l’Objectif du développement durable 4 en faveur de l’éducation pour tous. Ils consacrent une part importante de leur budget à l’éducation, à l’image du Sénégal qui investit 24% de son budget national ! Le Ghana a souligné l’importance de la lutte contre l’évasion fiscale qui empêche les Etats africains d’avoir des ressources fiscales propres suffisantes pour développer les systèmes éducatifs dans leur pays. ” explique Carole Coupez.

Si l’objectif fixé à 3 milliards d’euros n’a pas été atteint, cette réunion marque une avancée vers la résolution de la crise mondiale de l’éducation. Jusque-là trop souvent ignorée, l’éducation reste un enjeu majeur pour le siècle à venir. Justice fiscale, affectation aux besoins les plus urgents, les défis restent nombreux pour que les 264 millions d’enfants aient enfin accès à une éducation de qualité. Les Etats ont semble-t-il pris acte de cette crise, mais les engagements concrets se révèleront-ils à la hauteur des enjeux ?

 

Retrouvez le communiqué de presse de la Coalition Education

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