En Haute-Garonne : la solidarité avec les migrants se cultive

Lorsque Kamel et Fatima et leurs deux enfants, une famille d’agriculteurs syriens, est venue s’installer aux confins de l'Ariège, c’est toute une chaîne solidarité paysanne qui s’est mise en place. Une belle histoire bien loin des stéréotypes sur le monde rural. Récit

« Les éleveurs leur ont donné trente-deux brebis, un bélier,  trois chèvres, un bouc,  et vingt poules . Des voisins sont venus avec leur tracteur labourer leur terre, plusieurs journées de travail ! » Pour Joël Lebret, à l’origine de ce projet solidaire avec les réfugiés syriens, ce qui s’est passé dans ce petit coin de la Haute-Garonne a dépassé ses espérances. « Le jour de la rentrée , leur petit garçon avait trois cartables ! Ils ont même déploré le fait que la langue française n’avait pas assez de déclinaisons pour dire « merci». »

 

 « Il a fallu un peu d’imagination. »

Une réussite qui ne doit rien au hasard. Quand Joël et Corinne, ce couple de retraités qui vit « à 100 à l’heure », a imaginé le projet, il y avait d’abord cette exigence humaniste ferrée au cœur, celle de « refuser l’indifférence devant ces situations humaines inacceptables ». « Il a fallu ensuite un peu d’imagination, beaucoup de temps et de nombreuses rencontres pour créer ce réseau de solidarité efficient, une sorte d’écosystème à plusieurs têtes. »

 

Première brique du dispositif, la  coopérative d’intérêt collectif, le « Scac Marestaing » qui met à disposition des agriculteurs réfugiés des terres pour la culture maraîchère et l’élevage. Quelque temps plus tard, la voici rejointe par plusieurs alliés ou partenaires, des militants de la Confédération Paysanne, Solidarité Laïque, l’association Revivre qui accueille des réfugiés syriens et Jean-Jacque Brot, chargé de la mission de coordination pour l’accueil des réfugiés syriens et irakiens auprès du Directeur général des étrangers en France. C’est lui qui les mettra en contact avec la famille syrienne.

 

« Nos enfants allaient pouvoir aller à l’école. »

« Kamel, Fatima et leurs deux enfants vivaient depuis 6 ans dans un camp de réfugiés au Liban.  qu’ils avaient rejoint après le bombardement de leur village. Ils s’étaient presque habitués à leur vie sous tente, souligne Joël.   Les médecins et les ingénieurs ont là-bas bien plus de chance que des paysans d’être retenus dans le cadre de l’immigration choisie. » Mais cette fois-ci, une perspective s’ouvrait : « Nos enfants allaient pouvoir aller à l’école et nous allions exercer à nouveau notre métier », explique Kamel.

Arrivés à l’été 2017, la famille aujourd’hui est entourée de bénévoles qui les soutiennent dans l’apprentissage de la langue ou se font leur interprète, organisent une campagne de financement participatif pour l’achat d’un triporteur pour transporter les légumes au marché. « Mais nous n’en sommes qu’aux débuts », conclut l’infatigable Joël qui a en parallèle mis sur pied avec son épouse … un projet de résidence pour artistes africains !

 

Dans le cadre de son soutien aux réfugiés et migrants, Solidarité Laïque soutient le SCAC Marestaing et l’association Revivre.

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