« je rêve d’un futur sans ruines… »

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Découvrez le témoignage poétique d'un jeune iranien écrit en 2016 dans le camp de Calais. Un message de solidarité et de paix.

En 2016, dans le camp de Calais, ils étaient des centaines de milliers de migrants à vouloir traverser la Manche dans l’espoir d’un avenir meilleur. Conditions de vie insalubres, manque de nourriture, le plus insupportable pour eux était cette attente interminable remettant chaque jour en cause ce projet.

Olivier, un bénévole à l’Ecole Laïque du Chemin des Dunes avait alors eu l’idée d’initier des ateliers de slam. Ces derniers se voulaient au départ une possibilité de s’évader du contexte ambiant en écrivant des poèmes anodins sur les éléments naturels ou sur l’amour. La thématique a vite été réorientée vers les thématiques des droits, des espoirs, des rêves en s’appuyant sur des textes de loi mais aussi sur des discours de Martin Luther King, Rudyard Kipling, Emma Lazarus…

Parmi ces poèmes, découvrez celui de Benjamin Mohammadi, un jeune iranien. Plein d’humanité et de sensibilité, il explique pourquoi il a quitté son pays et nous rappelle l’urgence de la solidarité entre les peuples.

 

Jahan abad

 

J’ai quitté l’Iran il y a quelque temps avec l’espérance d’un lendemain, mais peut-être était-il déjà trop tard pour moi ?

Je l’ai fait, pour ma famille.

Le monde revêt un sens nouveau pour moi.

Un sens plus proche de ma pensée, où honnêteté et amitié ont le sens propre des mots.

 

Je rêve.

 

Je rêve d’une vie meilleure pour tous, d’un avenir avec un peu d’amitié, de gentillesse et de tranquillité, loin des mensonges et des artifices d’une existence éphémère !

Ma terre a pour nom Jahan abad.

Jahan abad, c’est la construction du monde, alors je rêve d’un futur sans ruines…

C’était il y a vingt-et-un siècles

 

Benjamin Mohammadi (Iran)

Calais, mars 2016

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