Le procès contre Mandela, un film sur la lutte contre l’apartheid

L’histoire de la lutte contre l’apartheid ne retient qu’un seul homme : Nelson Mandela. Il s'est révélé au cours d'un procès historique en 1963 et 1964 avec 7 co-accusés. Face à un procureur zélé, "Mandela et les autres" décident ensemble de transformer leur procès en tribune contre l'apartheid. Solidarité laïque est partenaire de ce film qui remet les idées en place. Bouleversant !

Œuvre d’histoire et de mémoire, Le Procès contre Mandela et les autres met en scène les archives inédites d’un moment clé de la lutte contre l’apartheid : le procès de Rivonia, en 1963 et 1964, au  cours duquel Nelson Mandela et ses plus proches compagnons de lutte furent condamnés à la prison à vie. Georges Lory, spécialiste de l’Afrique du sud, nous aide à replacer ce procès dans son contexte et à en comprendre l’importance pour l’histoire politique du pays.

 

Paroles d’hier et d’aujourd’hui

Ce récit à la fois historique et humain passe par la parole : celle, d’abord, des protagonistes du procès, miraculeusement restituée plus de cinquante ans après les faits. Le patient travail de numérisation mené par l’INA permet de retrouver le grain caractéristique des enregistrements sonores de l’époque, de saisir l’acoustique particulière du prétoire.

Mais la parole est aussi celle des témoins survivants, que Nicolas Champeaux et Gilles Porte sont allés recueillir en Afrique du Sud. Sur les neuf accusés du « procès de Rivonia », trois étaient encore en vie au moment du tournage : Ahmed Kathrada, Denis Goldberg et Andrew Mlangeni. Pour compléter le tableau, les réalisateurs ont également interrogé deux des avocats de la défense, George Bizos (l’un des meilleurs amis de Mandela) et Joel Joffe, ainsi que des proches des accusés déjà décédés (Winnie, l’épouse de Mandela à l’époque — et future grande figure de l’ANC —, Max, le fils de Walter Sisulu), et même le fils du procureur Percy Yutar. Dans un dispositif à la fois simple et puissant, les réalisateurs leur font écouter au casque les minutes du procès, les replongeant plus de cinquante ans en arrière, ravivant des souvenirs depuis longtemps enfouis.

Aux proclamations politiques d’alors se superpose un récit plus personnel, rendu d’autant plus émouvant par le passage du temps. Au-delà de l’Histoire, Le Procès contre Mandela et les autres fait ressortir la dimension concrète, humaine, d’un tel événement : l’angoisse des accusés promis à la peine capitale, la peine et l’angoisse des conjoints, l’incompréhension des enfants…

L’histoire qu’il raconte n’a de ce point de vue rien à envier aux plus grandes fictions, avec ses héros, son « méchant » (le procureur), ses bouleversantes histoires d’amour comme celle qui réunit Ahmed Kathrada et Sylvia Neame, couple « mixte » persécuté par l’apartheid et prématurément séparé par la prison.

Un passage de témoin

Tout l’intérêt du procès de Rivonia était pour les accusés de faire passer un message politique. C’était l’objet de la célèbre « déclaration du banc des accusés(au tribunal) » de Nelson Mandela, retransmise en large partie dans le film. « J’ai chéri l’idéal d’une société libre et démocratique dans laquelle toutes les personnes vivraient ensemble (…) C’est un idéal pour lequel j’espère vivre et agir. Mais, si besoin est, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir ». Ces mots résonneront dans le monde entier et pousseront le gouvernement sud-africain, sous la pression des chancelleries étrangères, à épargner la vie des huit accusés, condamnés finalement au bagne à vie.  (à la perpétuité). Mandela les reprendra à sa libération en février 1990, confirmant leur dimension visionnaire. Dans le film, ce fameux discours est d’abord retranscrit par l’animation, dans une séquence montrant Mandela se heurtant à un mur imprenable. Mais Nicolas Champeaux et Gilles Porte le raccordent à des images du présent : celles de visages d’adolescents sud-africains, noirs et blancs, filles et garçons qui écoutent avec attention.

On ne saurait mieux souligner la dimension pédagogique du film. Au-delà de la leçon d’histoire, et alors que les derniers acteurs disparaissent, il s’agit de transmettre la parole et l’exemple des militants anti-apartheid. Le film se termine sur des images crépusculaires : les derniers survivants, pour la première fois réunis à l’écran, assistent en direct à l’intronisation du président Donald Trump. Comme s’il voulait nous dire que rien n’est acquis et que la bataille pour l’égalité (et la lutte contre le racisme) était (étaient) désormais du ressort des jeunes générations.

 

Source : Retrouvez un dossier pédagogique sur le site http://www.zerodeconduite.net/film/3702 

Ce film est un bel outil pour les éducateurs pour travailler autour de la lutte contre le racisme et les discriminations.

 

Programmation : 

Samedi 15 septembre à 19h20 : Avant-Première à la Fête de l’Humanité

Samedi 15 septembre à 20h30 : Avant-Première au Royal de Biarritz

Dimanche 30 septembre : Avant-Première à l’Utopia Tournefeuille en présence de Nicolas Champeaux

Dimanche 30 septembre à 11h : Avant-Première à l’Escurial à Paris organisée par la Ligue des Droits de l’Homme en présence de Gilles Porte

Lundi 1er octobre à 20h30 : Avant-Première à l’ABC de Toulouse en présence de Nicolas Champeaux

Mardi 2 octobre : Avant-Première au Méliès de Pau en présence de Nicolas Champeaux

Samedi 6 octobre à 20h : Avant-Première à l’Omnia de Rouen en présence de Gilles Porte

Dimanche 7 octobre à 18h : Avant-Première à l’Arvor de Rennes en présence de Nicolas Champeaux

Lundi 8 octobre à 20h30 : Avant-Première au Katorza de Nantes en présence de Nicolas Champeaux

Mardi 9 octobre : Avant-Première à la Pléiade de Cachan en présence de Gilles Porte, Nicolas Champeaux et Henri Chamoux

Mercredi 10 octobre à 20h15 : Avant-Première au Figuier Blanc d’Argenteuil en présence de Gilles Porte

Mercredi 10 octobre : Avant-Première au Grand écran centre de Limoges

Vendredi 12 octobre : Festival du film judiciaire de Laval en présence de Nicolas Champeaux

Samedi 13 octobre à 13h30 : Rendez-vous de l’histoire à Blois en présence de Nicolas Champeaux et Georges Lory, spécialiste de l’AFS

Samedi 13 octobre à 21h15 : Avant-Première au Cinémarivaux de Mâcon en présence de Gilles Porte

Dimanche 14 octobre à 18h : Avant-Première au Méliès de Saint-Etienne en présence de Gilles Porte

Dimanche 14 octobre à 21h : Avant-Première au Festival de Saint Paul Trois Châteaux 

Mardi 16 octobre : Avant-Première à l’Amphi Pierre Daure de Caen

 

En partenariat avec Solidarité Laïque et la Ligue de l’enseignement

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