L’éducation, voie de la paix

En ces temps de conflits, de discours haineux et de surmédiatisation de la violence, l’éducation à la paix s’impose comme une urgence. Un concept éducatif qui va bien au-delà de l’absence de guerre. 

Le terme « culture de la paix » a été inspiré par l’initiative Cultura de paz lancée au Pérou en 1986 et par la Déclaration de Séville sur la violence, élaborée en 1986 par des scientifiques du monde entier, qui affirmait que la guerre n’est pas déterminée par les gènes, mais est une invention sociale. Par conséquent, « la même espèce qui a inventé la guerre est également capable d’inventer la paix ».

L’éducation à la paix est née aussi dans le sillage des pédagogies de la libération[1] et de l’éducation populaire en Amérique Latine, où l’alphabétisation, l’éducation militante était un moyen de lutter contre l’oppression.

Aujourd’hui, dans les Objectifs du développement durable, l’éducation à la paix se conjugue avec l’éducation à la citoyenneté mondiale dont elle est complémentaire, puisque celle-ci aide les apprenants à comprendre les processus complexes qui conduisent à la violence et aux conflits, elle informe sur les enjeux d’actualité, les causes (par exemple : la répartition des ressources à l’échelle de la planète, génératrice de conflits) et stimule la recherche de solutions.

Elle promeut également la connaissance des autres, d’autres cultures et renforce le rôle de chacun, enfants, jeunes, adultes, comme « acteurs », « citoyens du monde » en leur donnant des pistes d’actions et en suscitant la participation de tous à un monde plus solidaire, plus juste. L’éducation au respect, à la dignité, au caractère universel des droits humains en constitue la base.

Elle est porteuse de valeurs telles que la justice, le respect et de pratiques comme l’écoute, la solidarité montrant qu’une autre voie, celle de non-violence au sens large, est possible.

Et c’est possible ! Le rôle transformateur de l’éducation bénéficie de nombreuses recherches[2] attestant la corrélation entre sociétés éduquées et niveau de démocratie, de tolérance, ainsi que la confiance qui la sous-tend.

Par exemple, dans les pays d’Afrique subsaharienne, les risques de conflits sont deux fois plus élevés dans les zones où les inégalités dans l’enseignement supérieur sont les plus fortes.

 

L’éducation à la paix est propice à améliorer durablement le climat dans l’Ecole et à réduire les phénomènes de violence. Les éducateurs peuvent accompagner les jeunes dans le dépassement des conflits, avec la recherche de solutions non violentes notamment avec des jeux de rôle, d’inversion pour changer de regard sur le conflit et sur autrui et de la pédagogie interculturelle. Travailler l’estime de chacun, et dans le groupe est un bon levier aussi, notamment grâce aux jeux de coopération qui permettent de réaliser et réussir ensemble. Enfin informer les jeunes sur leurs droits, les initier à la démocratie, à la co- responsabilité permet de les cultiver au faire ensemble et au vivre ensemble.

 « Il n’y a pas de voie vers la paix. C’est la paix elle-même qui constitue notre voie ». M.K Gandhi.

 

Car celui qui est en paix avec lui-même est en paix avec autrui, avec son environnement et est porteur de relations pacifiées.

[1] En 1986, Paolo Freire, pédagogue, auteur de la Pédagogie des Opprimés reçoit le prix de l’éducation pour la paix par l’UNESCO

 

[2] Compilées notamment dans la publication de l’UNESCO « L’éducation transforme nos existences » 2013.

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