Revivre : un soutien aux opprimés syriens

Créée en 2004 pour venir en soutien aux prisonniers d’opinion syriens, l’association Revivre continue son combat, face au régime autoritaire du président Bachar Al-Assad, en aidant les opposants politiques et les réfugiés syriens en France. Entretien avec Michel Morzière, président d’honneur de l’association.

 

En quoi consistent les actions menées par l’association Revivre ?

 

Nous concentrons nos efforts à l’accueil des réfugiés syriens. Beaucoup d’entre eux ont dû fuir le conflit qui sévit dans leur pays. Depuis le soulèvement populaire de 2011, la répression menée par Bachar el-Assad s’est intensifiée envers les opposants politiques et la population. Une partie d’entre eux arrivent sur le sol français, démunis, sans repères, livrés à eux même…  En octobre 2012, nous avons alors décidé de les accompagner et de les soutenir. Une permanence pour les réfugiés a vu le jour, avec l’aide du réseau Euromed et la mairie du 20à Paris. Avant cela, nous étions engagés sur le territoire syrien à apporter une aide d’urgence aux anciens prisonniers politiques du régime d’Hafez el-Assad. Les arrestations étaient souvent arbitraires, les répressions quotidiennes… Ces citoyens syriens étaient blessés, il fallait alors les soigner. Ces premiers soins étaient nécessaires mais ne pouvaient être suivis en Syrie, étant donné la corruption et l’insécurité. Alors nous faisions pression pour obtenir des visas et bénéficier de soins de qualité en France.  En parallèle, nous avons permis à leur famille en danger de quitter la Syrie.

 

Aujourd’hui, quels sont les besoins des familles réfugiées ?

 

Les procédures sont très complexes pour les demandeurs d’asile qui arrivent sur le territoire. Ils ne parlent pas la langue, ils sont souvent perdus. Nous essayons de faciliter les démarches administratives complexes avec l’OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides) et les recours suite au refus rares du titre de séjour de 10 ans. Beaucoup de familles se retrouvent à la rue à leur arrivée en France. Nous cherchons des solutions d’hébergement. Avec le temps, nous avons construit un réseau de personnes engagées et de confiance, avec des associations et des structures d’accueil informelles, qui proposent des logements. Quand nous rencontrons des difficultés pour trouver un hébergement, nous accompagnons les familles vers des CADA (Centre d’Accueil de Demandeurs d’Asile) en attendant de trouver une alternative. Nous essayons de soutenir financièrement les familles avec Solidarité Laïque, qui met aussi à disposition ses locaux pour des cours de français. Parler la langue du pays d’accueil est un facteur essentiel de cohésion sociale et pour aller plus loin, nous proposons des sorties culturelles, comme des visites de musées ou des sorties au cirque pour les enfants.

 

Et vous n’agissez plus du tout en Syrie ?

 

Nous n’avons pas complètement baissé les bras. Nous savons que l’accès à l’éducation, à la santé et la défense des droits sont la clé pour construire la Syrie libre et démocratique de demain. Nous soutenons des écoles pour que les instituteurs puissent continuer à enseigner. En zone rebelle, nous avons financé une maternité mobile et un centre de soin en partenariat avec l’association Medina car beaucoup de centres hospitaliers ont été détruits pendant la bataille d’Alep fin 2016. Nous avons distribué des doses alimentaires dans le nord et continuons de défendre les droits des femmes à Damas dans un contexte particulièrement sensible. Il y a aussi beaucoup de régions privées de courant ; en partenariat avec Electricité Sans Frontières nous allons participer à l’installation de panneaux photovoltaïques pour un hôpital de campagne.

 

C’est une aventure humaine intense, gardez-vous contact avec les familles que vous accompagnez ?

 

On tisse des liens durables avec les familles et nous accordons beaucoup d’importance à renforcer les liens au sein de la diaspora Syrienne en France et à veiller à leur pleine intégration à la société. Nous sommes fiers d’accompagner la réussite de ces familles. J’ai le souvenir d’un jeune Syrien devenu aveugle que nous avons accompagné à son arrivée en France pour son hébergement, puis pour sa régularisation auprès de l’OFPRA. Il a fait preuve d’un courage hors du commun et d’une volonté d’intégration incroyable. Il est maintenant quasi autonome et participe à un programme expérimental pour retrouver la vue.

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