S’émanciper à travers les échanges, un droit à conquérir pour certains élèves 

Au collège Vauban de Belfort, des élèves de SEGPA se sont mobilisés pour partir une semaine au collège Conisborough de Londres. Un projet social soutenu par Solidarité Laïque.

« Dans beaucoup de collèges, ce sont les classes favorisées qui partent. » déplore Sonia Robert, professeur d’anglais en classe de SEGPA au collège Vauban de Belfort. « En classe de SEGPA, les élèves ont besoin d’un enseignement adapté. Ils sont donc souvent stigmatisés. » Dans ce collège, seize élèves en ont décidé autrement en menant à bien un projet d’échange avec un collège de Londres.

Aux racines du projet : un jardin

C’est dans le petit jardin du collège Vauban que le projet d’échange a mûri. Situé au milieu de l’établissement, il a un sens éducatif particulier : « Ce jardin, tout le monde s’en occupe au collège et il constitue un véritable exutoire pour les élèves de la classe de SEGPA qui se réalisent dans l’exécution de tâches concrètes, explique l’enseignante. On peut étudier le jardin à travers différents prismes : la biologie, l’histoire, la philosophie, les langues. Au collège Vauban, on a voulu réaliser un jardin monde avec des espaces ouverts correspondant à différents pays pour mettre en valeur les cultures. On a un jardin américain, un jardin colombien et un jardin anglais… ».

Découvrir un pays à travers le jardinage, c’est l’idée de l’équipe éducative du collège Vauban qui associe alors à cette activité la perspective d’un voyage en Grande Bretagne. Mais les moyens financiers manquent pour ces jeunes issus de familles peu aisées. Alors qu’ils cultivent en parallèle ce jardin anglais, les élèves se mobilisent pour récolter des fonds afin de financer leur voyage.

Bien plus qu’une ouverture d’esprit : une émancipation

Une mobilisation payante pour ces élèves qui se sont rendus une semaine à Londres pour rencontrer des élèves parfois en grande difficulté. « Le collège de Conisborough dispose d’une section spécialisée pour des élèves souffrant d’un handicap mental, explique l’enseignante. Cela a été une véritable ouverture d’esprit d’être au contact d’une nouvelle langue, d’une nouvelle culture mais aussi de la diversité. » Mais pour ces élèves français, ce voyage était bien plus : « Ils m’ont confié qu’ils avaient apprécié leur séjour parce que là bas, personne ne savait qu’ils étaient en SEGPA. » Un regard discriminant duquel ces élèves ont pu, l’espace d’une semaine, pleinement s’émanciper à l’étranger.

L’échange de pratiques éducatives

Ce voyage a permis également aux élèves d’exporter leur goût du jardinage. Alors que le jardin du collège de Conisborough était laissé à l’abandon, les élèves français sont venus lui redonner vie en plantant un arbre. En parallèle, les élèves restés en France ont fait de même dans le jardin du collège Vauban. Un beau moyen de symboliser l’unité de la vie et l’amitié naissante par-delà les frontières.

Pour l’enseignante ce projet signifiait bien plus que la découverte d’un pays : « Les élèves qui sont partis en ont retiré beaucoup de fierté tant par rapport à leur capacité à gérer un projet qu’à leur adaptabilité face à une culture différente. Ce projet commun a contribué à construire un climat scolaire bénéfique tant au sein de la classe que dans l’établissement. »

 

Tous les élèves doivent pouvoir s’ouvrir sur le monde. C’est pourquoi, chaque année, Solidarité Laïque encourage le départ de jeunes dans le cadre de d’échanges culturels.

MOTS-CLES :

Suivez-vous sur les réseaux sociaux