Solidarité Laïque aux côtés des enfants pour défendre leurs droits

Depuis près de dix ans, Solidarité Laïque développe en France des actions de sensibilisation et de plaidoyer sur les droits de l’enfant. A l’occasion des 26 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant, Florine Pruchon, chargée de mission à Solidarité Laïque, revient sur les enjeux.

Pourquoi Solidarité Laïque s’est-elle engagée sur les droits de l’enfant en France?

 

Florine Pruchon : L’association est mobilisée depuis longtemps à travers ses programmes internationaux sur le droit de l’enfant, notamment en Europe de l’Est. Mais notre solidarité doit aussi s’exprimer en France car la situation est urgente : 3 millions d’enfants pauvres, 600000 enfants en situation de mal logement, 1 enfant sur 4 qui ne part pas en vacances, des mineurs étrangers isolés et des enfants vulnérables dont les droits sont bafoués… Les politiques relatives à l’enfance sont éclatées entre différents Ministères. Il est urgent de faire avancer cette cause !

 

Cela suppose-t-il que les enfants aient mieux conscience de leurs droits ? Quelles actions mettez-vous en œuvre dans ce sens ?

 

FP : Oui, pour que leurs droits soient mieux respectés, il faut qu’ils en aient connaissance. C’est pourquoi nous proposons aux éducateurs des animations et des formations. Nous avons créé plusieurs outils pédagogiques et un module de formation pour qu’ils puissent, de la maternelle à la terminale, sensibiliser leurs jeunes publics. Organisations de débats mouvants, d’ateliers-philo – dès la maternelle-, activités participatives, lectures de contes, films… Ces outils sont adaptables et nous nous déplaçons régulièrement pour monter au mieux le projet pédagogique avec les enseignants. Nous disposons aussi d’outils pédagogiques produits dans le cadre de la Rentrée Solidaire – un cahier, un crayon qui soutiennent la réflexion. Et nous nous déplaçons nous-mêmes dans les classes ou les centres éducatifs, pour animer ces temps avec les enfants ou les jeunes. Enfin, pour le grand public ou des publics militants de notre réseau, nous proposons des conférences sur la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE).

 

Un de vos fers de lance est la question de la participation des enfants aux politiques qui les concernent. Pourquoi et comment mettez-vous cela en application ?

 

FP : Parce que c’est un des principes directeurs de la CIDE signée voilà 26 ans maintenant. L’enfant doit être consulté sur toutes les politiques qui le concernent. On ne peut continuer à parler sur les enfants, il faut parler avec eux et les entendre ! Nos ateliers sont interactifs et s’organisent autour de la parole des enfants. C’est primordiale pour qu’ils nous fassent part de leurs propositions que nous relaierons ensuite dans notre plaidoyer. Nous préparons ainsi un recueil de leurs recommandations sur le climat qui s’appuie sur plus de 500 contributions glanées au fil des animations ou remontées par les éducateurs. Il sera bientôt disponible.

 

Les pouvoirs publics ont aussi un rôle à jouer. Comment travaillez-vous avec eux ?

 

FP : Nous sommes très attachés à cette collaboration car rien ne bougera s’ils ne sont pas impliqués. Ainsi, nous avons accepté de devenir membres du comité d’entente de la protection de l’enfance en 2014. Avec DEI France,  nous avons aussi fédéré voilà 2 ans une cinquantaine d’organisations actives dans tous les domaines de l’enfance pour déposer à l’ONU un rapport alternatif sur la situation des droits de l’enfant en France entre 2009 et 2015. Ce collectif, baptisé AEDE (Agir ensemble pour les droits de l’enfant), est devenu un interlocuteur reconnu des ministères et du Défenseur des droits : un référent Enfants a par exemple été nommé dans chaque ministère, et on constate que la nécessité de favoriser l’expression des enfants est de plus en plus à l’ordre du jour. Ainsi, prochainement, 40 enfants venus de toute la France viendront présenter au gouvernement leurs propositions en faveur d’un meilleur respect de leurs droits.

 

Le lien avec l’actualité pour aider les enfants à mieux participer au monde qui les entoure ou à mieux le comprendre est aussi une caractéristique de votre action

 

FP : oui, c’est par exemple le cas avec l’outil « Agir pour le climat, c’est respecter mes droits ». Nous tenons aussi à la disposition des éducateurs des ressources pour comprendre les migrations, pour lutter contre les discriminations et le racisme, ou encore pour promouvoir la solidarité internationale. Certains de ces outils sont téléchargeables en bas de cette page.

 

Vous êtes intéressés par nos animations, nos formations, nos outils ?

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