Tunisie : engagement à 100 % pour l’égalité !

Six ans après la révolution politique tunisienne, gagner la victoire contre les discriminations reste un enjeu majeur pour la démocratie. Le week-end du 23 mars, à Tunis, les membres du programme Soyons actifs/actives dressaient le bilan de cet engagement et relevaient les manches !

Le 23 mars, c’est au musée du Bardo que s’est ouverte l’assemblée plénière du programme Soyons actifs/actives. Les télés et les radios nationales étaient au rendez-vous pour couvrir cet événement et rappeler que ce programme fort de centaines de bénévoles porte de grands espoirs pour les plus démunis, femmes rurales, étudiants chômeurs, jeunes sans emploi, décrocheurs scolaires… « C’est en partant des réalités du terrain observées par les associations, en expérimentant des solutions pratiques pour redonner du travail ou une formation professionnalisante, permettre l’acquisition de droits sociaux ou la création d’activités génératrices de revenus, mais aussi en améliorant l’éducation et l’éducation aux droits civiques que nous construirons la démocratie », soulignait ainsi Guilhem Arnal, le responsable géographique pour Solidarité Laïque qui est le chef de file de ce programme soutenu par l’AFD.

 

« Plus rien ne semble devoir arrêter cette dynamique sociale »

Après un recueillement autour des victimes de l’attentat du Bardo, les représentants de 3 ministères tunisiens et français et le directeur de l’AFD de Tunisie s’accordaient sur ce constat : c’est aussi à la paix qu’œuvre ce programme de lutte contre les inégalités économiques et territoriales, qui, on le sait, génèrent relégation sociale, colère et parfois extrémisme.

 

Aujourd’hui, ce sont 63 organisations – soit plusieurs milliers d’adhérents – qui participent à cette dynamique nationale, dont 16 arrivées dans la dernière année. « Plus rien ne doit plus pouvoir arrêter cet élan, soulignait ainsi un membre du programme qui travaille à améliorer la vie scolaire et parascolaire dans la région de Sfax. Les projets qui sont en cours touchent aujourd’hui 5000 bénéficiaires recensés, dont 4500 de moins de 18 ans. En réalité, c’est beaucoup plus car les bénéficiaires deviennent à leur tour autonome économiquement, porteurs de valeurs démocratiques et acteurs d’une citoyenneté active ».

 

Une fourmilière d’initiatives sociales qui se structurent

Organisation de forums citoyens, création d’activités génératrices de revenus pour les femmes rurales et de regroupements agricoles de micro-activités, création de coopératives de jeunes qui partagent les risques économiques et les moyens, animation de clubs de droits de l’homme dans les collèges et lycées et formation d’ambassadeurs, lutte contre le décrochage scolaire et ouverture de l’école aux parents…  Les initiatives foisonnent et sont accompagnées par une équipe opérationnelle passionnée. « Nous voyons concrètement les résultats sur le terrain, ce sont des parcours de vie qui sont transformés, une vision qui s’élargit, l’espoir qui renaît », souligne Kulthum qui a rejoint l’équipe en 2016.

 

De l’expérimentation terrain à l’influence des pouvoirs publics

Comme souvent, l’initiative sociale revient ainsi aux acteurs de la société civile qui sont les mieux placés pour diagnostiquer les tensions et les freins à une société qui donne sa chance à chacun. Ainsi, l’association pour « Création et créativité pour le développement et l’embauche » partie après la révolution de l’initiative d’une poignée de étudiants chômeurs de Bizerte touche aujourd’hui 1500 bénéficiaires : cadres chômeurs mais aussi jeunes sans diplômes qui acquièrent là les techniques de recherche d’emploi, rencontrent des chefs d’entreprise, participent à des foires à l’emploi ou développent leur propre projet entrepreneuriat. « Mais ce n’est pas tout, souligne son Président et fondateur Hamadi Jeljeli. Nous sommes désormais reconnus pour notre expertise et participons à des commissions, comme celles qu’organise le ministère de la formation professionnelle sur son plan stratégique pour l’emploi. Influence des pouvoirs publics, mise en réseau des acteurs, partage d’expériences et enrichissement des pratiques, c’est bien par là que passe par le changement social. Nous sommes fiers d’y participer », conclut Dominique Fouchard, vice-Président de Solidarité Laïque.

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