« La démocratie a de l’avenir, à nous de la faire vivre »

Nouveau président de la Ligue des droits de l’homme et fondateur de Romeurope, Malik Salemkour pointe l’urgence à agir en faveur d’une démocratie mise en danger par des tentations autoritaires.

 

La démocratie est l’avenir du monde, à condition que le monde s’en occupe. C’est plus que jamais le cadre politique des débats nécessaires pour la résolution des problèmes posés à l’humanité, aux peuples, aux personnes. Fondée sur l’égalité de tous avec tous, elle est porteuse de liberté et de justice, de progrès social et de solidarité.

En tant que nouveau Président de la Ligue des Droits de l’Homme et du Citoyen, aider à lui redonner force et vigueur est ma boussole. Car cette belle ambition est partout malmenée, gangrenée ou dévoyée.

 

« Il y a urgence à s’appuyer sur la puissance de la citoyenneté de chacun, seule capable d’imposer la volonté d’une société plus libre, plus égale et plus fraternelle. »

Il y a urgence à défendre l’indivisibilité et l’universalité des droits, les droits et les libertés, tant individuelles que collectives, avec le principe de laïcité où chacun et chacune peut vivre ensemble dans la dignité et avec ses différences. Il y a urgence à s’appuyer sur la puissance de la citoyenneté de chacun, seule capable d’imposer la volonté d’une société plus libre, plus égale et plus fraternelle.

Or, les défis sont nombreux. Les crises à répétition, les inégalités, la paupérisation, l’accès rendu plus difficile aux droits fondamentaux sont d’autant plus durement ressentis que les représentations politiques, en charge de l’intérêt général, semblent avoir abdiqué et délégué leur résolution aux logiques de marchandisation de l’humanité et de la planète, accélérant aussi la fragmentation sociale sous la pression d’intérêts particuliers.

 

« Les tentations autoritaires se renforcent »

Avec cette impuissance ou ces reniements, se renforcent les tentations autoritaires des pouvoirs, voire de larges secteurs de l’opinion publique, d’alourdir le contrôle social, de faire prévaloir la répression et la censure sur les libertés. La lutte contre le terrorisme vient aussi affaiblir nos fondements démocratiques, mettant en péril l’Etat de droit, qui protège contre l’arbitraire, et l’unité des communautés nationales, le racisme et la xénophobie trouvant là un indigne alibi.

Heureusement, même si elle ne trouve pas sa traduction avec les systèmes institutionnels et politiques en place, demeure forte l’appétence pour la chose publique, pour participer aux questions qui concernent chaque citoyen, pour bâtir des « communs », agir pour un monde meilleur et solidaire.

 

« Nous avons besoin d’affirmer la primauté de la liberté de conscience que garantit la laïcité. »

Face aux tentatives de division et d’exclusion sur des critères culturels, religieux, d’origines – réelles ou supposées – et de culte, nous avons besoin d’affirmer la primauté de la liberté de conscience que garantit la laïcité, d’affronter toutes les idéologies qui prétendent hiérarchiser entre eux les femmes et les hommes selon des critères d’inégalité pour limiter leurs droits, en faire des citoyens de seconde zone, des personnes dominées.

Plongé dans les désordres et les violences, le monde a besoin de démocratie pour soulager les peuples du poids des guerres, des dettes injustes, des accords commerciaux inégaux. Il a besoin de multilatéralisme, d’institutions faisant prévaloir la loi sur la force et des logiques de coopération sur celles des égoïsmes prédateurs ou de repli.

 

« Acteurs de la société civile, nous devons nous rassembler pour mieux organiser ce combat commun. »

A un moment où les tensions internationales croissent et alors que l’accès universel aux droits devraient pouvoir s’appuyer sur les Objectifs du Développement Durable, la question des solidarités internationales constitue un élément majeur des réponses aux désordres que la globalisation libérale provoque. Car c’est bel et bien la solidarité qui est le principe politique porteur des réponses que l’humanité doit proposer.

Quels sont les objectifs d’accès universels aux droits ? Quelle place pour les sociétés civiles ? Quelle synergie développer dans le champ de la solidarité internationale ? Quelles politiques publiques mettre en place avec quels moyens financiers ? Ce sont des questions auxquelles la LDH, membre de Solidarité Laïque, aura à cœur de travailler le plus efficacement possible avec les membres, militants et salariés de ce collectif, pour un monde solidaire qui assure à chacun et chacune sa dignité.

 

Malik Salemkour, Président de la Ligue des Droits de l’Homme et du Citoyen

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