« Au Liban, certaines familles doivent désormais choisir entre nourriture et fournitures scolaires »

Comment enseigner lorsque les familles qui scolarisent leurs enfants manquent de tout ? Dima Assoum, enseignante au sein d’une école à Tripoli, nous raconte les difficultés rencontrées dans le pays paralysé par la crise sanitaire, économique et sociale. A l'occasion de la journée mondiale des enseignant.e.s, une interview à découvrir pour aborder la Rentrée Solidaire.

Le système éducatif libanais a été très perturbé par la pandémie, avec des écoles fermées pendant plus des 3/4 de l’année scolaire entre janvier 2020 et février 2021. Les enfants les plus marginalisés, les enfants issu.e.s de familles pauvres ou modestes, ont vécu la plus forte exclusion scolaire et sociale, avec peu de continuité éducative et d’accès à l’école à distance, en raison notamment du manque d’accès à Internet et à un équipement informatique.

Pour Dima Assoum enseignante au sein d’une école à Tripoli, interviewée dans le cadre du film « Sur le chemin de l’école Sirine et Hiba au Liban – La Rentrée Solidaire avec les élèves du Liban », certaines familles doivent désormais choisir entre nourriture et fournitures scolaires.

 

 

Comment avez-vous vécu la crise sanitaire dans les écoles au Liban ?

Le coronavirus a envahi la plupart des pays du monde et a imposé une fermeture des établissements publics et privés afin de freiner la propagation. Dès l’arrivée du virus au Liban, le gouvernement a imposé une fermeture générale. Les écoles ont donc eu recours à l’enseignement en ligne. L’année passée était particulièrement difficile car c’était notre première expérience avec l’enseignement en ligne, et notre première confrontation avec la pandémie. Donc on avait du mal à communiquer. Cette année était un peu plus facile, car les parents et les élèves se sont habitués au système.

 

 

Quelles ont été les difficultés que vous avez rencontrées pour assurer la continuité de l’enseignement ?

Tout d’abord, le programme n’est pas adapté à l’enseignement en ligne car il est très condensé et donc conçu pour le présentiel. Deuxièmement, les écoles ne sont pas équipées pour l’instruction en ligne et les enseignants et les élèves n’y sont pas préparés. Troisièmement et ce qui est le plus important : le réseau au Liban est très faible. Quatrièmement, il y a de longues et fréquentes coupures de courant électrique. Cinquièmement, il y a eu une hausse des coûts du matériel informatique surtout après la dévalorisation de la monnaie libanaise.Libanaise. Même durant la période qui a précédé la crise sanitaire, on ressentait cette difficulté en rapport avec les coûts.

 

 

Quel impact cela a sur l’enseignement ?

Beaucoup de familles se retrouvent contraintes de choisir entre les fournitures scolaires et la nourriture. Un crayon coûte autant que notre consommation quotidienne de pain ! Nos jours sont très difficiles ! Ceci a conduit à de grandes inégalités au niveau de l’éducation surtout chez les élèves en difficultés.

 

En partenariat avec la MAIF et la MAE, la Rentrée Solidaire, cette collecte de fournitures scolaires neuves pour agir et sensibiliser au droit à l’éducation, conduite chaque année au profit d’un pays différent, permet à environ 40 000 enfants et jeunes de France de s’engager avec leurs proches dans une réelle chaîne de solidarité, au service de l’éducation.

 

 

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