Au Sénégal, accompagner les jeunes dans une démarche de démocratie participative

Dans la banlieue de Dakar au Sénégal, le désir de favoriser l’engagement citoyen des jeunes a amené à la création du projet “Citoyenneté dans mon quartier”. Dans le cadre du programme Compétences pour demain mené en partenariat avec Aide et Action, ce projet politique et citoyen a été lancé le 26 juin dernier dans la commune de Keur Massar.

Remettre la jeunesse au cœur des décisions citoyennes

Dans la plus vaste région de la banlieue de Dakar, Keur Massar, la population fait face à des insuffisances de pratiques d’échanges directs entre jeunes et acteurs publics, d’infrastructures dédiées aux jeunes et de programmes d’accompagnement de leurs initiatives. Cette situation engendre agressions, vols … qui placent la population dans l’insécurité. Au Sénégal, les jeunes de 15 à 24 ans représentent pourtant 19,6 % de la population, et l’âge moyen est de 23 ans.
Ainsi, la participation des jeunes dans les décisions citoyennes et politiques est fondamentale : il s’agit de montrer aux jeunes qu’ils sont acteurs de leur pays et de leur avenir, par l’engagement citoyen et la mobilisation. 

Le projet Citoyenneté dans mon quartier (“Citoyenneté Ci Sama Gokh” en wolof) a pour objectif de promouvoir l’engagement citoyen auprès des jeunes, avec l’ambition de susciter des vocations chez certains

Également, ce projet contribuera au développement des quartiers, à partir d’actions d’échanges et de débat entre jeunes, élus et acteurs locaux, d’incitation à des pratiques de gouvernement local ouvert, de dénonciation des problèmes rencontrés par la jeunesse et les habitants notamment l’insécurité dans cette zone.

Pour réaliser cet objectif, le projet s’appuie sur la mise en place des “Clubs de jeunes engagés”. Ces clubs sont dans un premier temps mis en place dans six quartiers de la banlieue de Dakar. Conçus comme des lieux où les jeunes pourront échanger et débattre directement avec les acteurs politiques et de la société civile, être formés sur les questions de démocratie participative , ils seront des lieux de rassemblement fédérateurs autour de la question du vivre-ensemble et travailleront avec les collectivités et les communautés. 

 

 

Un projet d’envergure pour relancer la mobilisation

Ce projet ambitieux s’implante spécifiquement dans la plus vaste région de la banlieue de Dakar, pour toucher et sensibiliser le plus de jeunes possibles.
Et cela fonctionne: déjà 135 jeunes sont directement impliqués dans les Clubs des Jeunes Engagés dans 6 zones d’implantation de Keur Massar au Sénégal. “Au total, 26 quartiers seront directement touchés par nos activités avec les clubs,” explique Basile Ouedraogo, chargé de mission engagement citoyen au LABIS de Dakar, qui pilote ce projet. 

 

Le projet a même attiré l’œil de certaines institutions publiques et privées, qui s’impliquent désormais pour favoriser l’engagement citoyen des jeunes sénégalais: 

  • Le conseil communal de la jeunesse de Keur Massar (CCJ),
  • La mairie de Keur Massar ;
  • Le CADEJ (Centre Africaine pour le Développement de l’Employabilité des jeunes)
  • La JADD (Jeunesse Actives et Développement durable).

 

Au LABIS de Dakar, le projet “Citoyenneté dans mon quartier” permet d’impliquer des jeunes de plus en plus nombreux à participer aux changements de leur quartier et à devenir pro-actifs de la vie citoyenne, tout en favorisant l’acquisition ou l’amélioration de nouvelles compétences, telles que la prise de parole en public, le travail en groupe ou l’utilisation des outils numériques de communication.

 

 


À propos du programme Compétences pour Demain déployé dans 6 pays d’Afrique de l’Ouest :

Confrontés à une instabilité politique, à un fort taux de chômage, les jeunes sont dans une situation très précaire. Dans un contexte de montée de la menace terroriste, il est urgent d’offrir à ces jeunes de meilleurs perspectives d’avenir. Le programme “Compétences pour demain”, qui succède à Top Eduq s’adresse aux jeunes des banlieues des grandes métropoles. Ces zones périurbaines que rejoignent les migrants régionaux sont sous-équipées en infrastructures éducatives et socio-éducatives. Elles cumulent de multiples facteurs d’exclusion qui conduisent parfois à des violences extrêmes.  C’est pourquoi Solidarité Laïque soutient des initiatives d’insertion professionnelle, d’éducation à la citoyenneté.

 

 

 

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