Calais : Rentrée à l’Ecole Laïque du Chemin des Dunes

L’Ecole Laïque du Chemin des Dunes qui n’a pas désempli de tout l’été fait aussi sa rentrée scolaire. Ce lieu d’apprentissage et d’éveil est aussi un lieu plein d’humanité que fréquentent assidument des adultes et des enfants de plus en plus nombreux.

Au camp de Calais, l’afflux des réfugiés se poursuit puisqu’ils seraient désormais près de 10 000 migrants, dont plus de 850 mineurs isolés étrangers (Source :  Dernier recensement par France Terre d’Asile). A l’Ecole Laïque du Chemin des Dunes, on tente de faire face à cette situation

Grâce à la volonté de nombreux bénévoles de différentes nationalités, l’école a fonctionné tout l’été, 7 jours sur 7. L’Ecole Laïque du Chemin des Dunes est plus qu’une simple école où on vient chercher le savoir, « c’est un lieu de vie extraordinaire » commente Roland Biache. « Pour ces migrants qui ont fait un voyage périlleux, c’est souvent le premier espace de convivialité et de sociabilité. » Un lieu grouillant d’initiatives qui influe sur des projets de vie comme celui de Jamal, 26 ans jeune Soudanais qui envisage d’étudier le français à l’Université de Lille 3. Un an auparavant, son souhait était de rejoindre l’Angleterre. Grâce au soutien qu’il a trouvé à l’Ecole Laïque du Chemin des Dunes, il avoue désormais se plaire en France.

 

Une école du vivre ensemble

Avec le temps, cette école est devenue une véritable école du vivre ensemble, puisqu’elle met en contact réfugiés et bénévoles de toutes les nationalités et de toutes convictions. « Des leçons de vie, j’en reçois tous les jours ici » commente Olivier, bénévole bruxellois qui vient régulièrement animer des ateliers de slam. « Ce lieu est un espace bienveillant, solidaire qui apporte de la douceur et restaure les gens dans leur dignité, souligne Jérémy, un autre bénévole venu en renfort cet été. »

 

« Le dialogue avec les pouvoirs publics est-il en panne ? »

 Mais Zimako Jones, le fondateur de l’Ecole, attire l’attention sur le manque de moyens dont il dispose. « Les besoins s’accentuent avec l’arrivée de nombreux réfugiés : manque de place, toit qui fuit, sanitaires insuffisants, fournitures manquantes… »

 

Pour aborder ces questions et y compris celle du lien avec le CAP (Centre d’Accueil Provisoire)* qui reste à établir, un rendez-vous avait été convenu entre la sous-préfecture et les initiateurs du projet soutenu par Solidarité Laïque, le vendredi 26 août. Un rendez-vous semble-t-il oublié par le sous-préfet qui n’a pas daigné recevoir la délégation. Une déception de plus pour les porteurs du projet qui ne peuvent compter que sur leur bonne volonté pour faire face à une situation témoignant d’une crise humanitaire grave.

 

* Au CAP, deux enseignants ont été mis à disposition par le Ministère de l’Education Nationale avant les vacances d’été.

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