Ces femmes victimes de violences conjugales pour qui le confinement a été une véritable épreuve

Victimes de violences conjugales avant ou pendant le confinement, certaines femmes ont vécu le confinement comme une véritable épreuve : manque de ressources, rupture d’un lien familial crucial, procédures administratives paralysées et parfois difficulté à assurer la continuité pédagogique des enfants. L'association SOS Femmes 49, partenaire de Solidarité Laïque a tenté d'accompagner au mieux les femmes victimes de violences conjugales sur le territoire autour d’Angers.

Selon les derniers rapports, les violences intraconjugales ont augmenté de 30% pendant la période de confinement. Pour protéger les femmes en difficulté économique, des associations s’organisent. La période de confinement a été un défi supplémentaire pour les associations : assurer un accueil continu malgré les règles sanitaires, et un soutien psychologique de personnes en détresse. Dans le Maine et Loire, l’association SOS Femmes 49 leur vient en aide depuis 30 ans. Elle propose par exemple des hébergements d’urgence aux femmes dont la situation l’exige. “ Nous avons vu la situation se dégrader au fur et à mesure du confinement. Nous avions beau, en lien avec le Secours populaire, distribuer des biens de première nécessité, des chèques de nourriture aux différents bénéficiaires. Nous avons vite compris qu’il y avait bien d’autres problématiques ”, témoigne Françoise Ferbeuf, une bénévole de l’association. Grâce à la mobilisation des assistantes sociales et des bénévoles, les femmes ont donc pu être accompagnées tout au long du confinement.

Assurer un lien social quotidien

« Beaucoup étaient très inquiètes car leurs recours juridiques étaient bloqués, ne permettant pas d’amélioration de leurs conditions de vie. Au-delà de l’aide matérielle, il a fallu leur apporter un soutien moral. Par ailleurs, ces personnes n’étaient souvent pas équipées en outils électroniques afin d’assurer la continuité pédagogique de leurs enfants. Pour ces mères en situation de vulnérabilité, cela a suscité beaucoup d’angoisses. »

Les travailleuses sociales ont été en contact avec elles quotidiennement afin de s’adapter aux différents besoins. « Nous devions être particulièrement à l’écoute. Les temps de reconstruction liés à l’explosion de la cellule familiale ont dû être endurés dans l’isolement. » Il a fallu trouver une solution afin que les familles puissent continuer à avoir accès à un lien social quotidien, ce qui n’était pas forcément une tâche facile au vu des faibles capacités de connexion des familles. L’idée de leur distribuer des tablettes numériques est alors apparue. Grâce à l’action de notre délégation régionale, elle s’est concrétisée.

Des tablettes pour assurer la continuité pédagogique des jeunes

« Ces tablettes ont pu être des outils efficaces dans l’accompagnement des femmes à la parentalité ». Dans certains cas les femmes ne possédaient qu’un téléphone portable pour avoir un lien avec l’extérieur et tout le monde voulait en profiter. Grâce à ce programme, les enfants ont pu avoir accès à leurs cours en ligne où ils ont pu reprendre le contact avec leurs camarades et leurs professeurs tandis que les mères pouvaient gagner en autonomie. Bien qu’une solution d’urgence à une situation complexe, ces outils ont été utiles aux adultes comme aux enfants et seront utilisés dans le futur.

L’association se projette et voit les possibilités que vont leur permettre ces nouvelles acquisitions. « Des étudiants bénévoles se sont proposés pour faire de l’aide aux devoirs grâce aux tablettes, on envisage d’ores et déjà plusieurs activités ». Pour les femmes qui sont souvent en reconversion professionnelle, ces outils seront une aide dans le retour progressif à leur pleine autonomie.

 

Vous êtes victime de violences conjugales, composez le 3919.

Toutes les violences conjugales sont interdites par la loi, qu’elles touchent un homme ou une femme, qu’elles soient physiques, psychologiques ou sexuelles. Il s’agit des violences commises au sein des couples mariés, pacsés ou en union libre. La victime de violences conjugales qui signale les faits peut bénéficier de nombreuses mesures de protection de la part des institutions publiques et des associations. Ces mesures peuvent même s’étendre aux enfants.

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