Covid-19 : la société civile tunisienne se mobilise

Plus de 10000 personnes ont bénéficié du soutien des associations membres du programme Soyons actifs/actives. Encore plus fragilisées par le Covid-19, elles ont reçu des produits de première nécessité. En parallèle, des centaines de bénévoles coordonnent des mobilisations citoyennes sur tout le territoire pour subvenir aux besoins vitaux des citoyens. Reportage.

Une situation à risque pour de nombreux tunisiens

« Quand on vit au jour le jour et que toute activité s’arrête, la seule question est de savoir comment on va se nourrir», explique Driss, vendeur ambulant à Kasserine et père d’une famille de quatre enfantsIl fait partie de cemillions de Tunisiens qui se retrouvent sans ressource depuis l’arrivée de la pandémie, le confinement et l’arrêt brutal de l’activité économique. Le produits alimentaires  qu’il a reçus lui permet de voir venir pour quelque temps. Il a aussi été livré en gel hydroalcoolique et savon et bien informé par l’association « Amal pour la solidarité » sur les mesures à prendre pour éviter la contamination. « Il ne faut surtout pas qu’on tombe malade, explique-t-il. Si l’un d’entre nous devait avoir une infection aiguë, on n’aurait pas les moyens de l’envoyer à l’hôpital. » Avec un système de santé très précaire et l’absence de protection sociale, les plus pauvres sont en effet encore plus exposés au virus que les autres. 

 

Des associations présentes auprès des personnes les plus vulnérables

Cette histoire est semblable à des milliers d’autres que les associations membres du programme Soyons actifs/actives ont rendu possibles. Solidarité avec les plus démunis, repérage et soutien des familles les plus isolées et les plus précaires et mesures d’urgence pour leur permettre de passer cette période très critique. Aussitôt que le virus est arrivé en Tunisie, des centaines de bénévoles ont organisé des collectes de denrées alimentaires et sont parties en quête de masques, de gants, de gel et de produits d’hygiène de première nécessité. Comme à Bizerte par exemple où la Ligue Tunisienne deDroits de l’Homme (LTDH)  est allée à la rencontre des plus précaires, familles, sans domicile fixe, chômeurs et femmes rurales, soit plus de 400 personnes secourues.  

« Chacun a fait à sa mesure, mais au final, à nous tous, ce sont plus de 2000 familles qui vont pouvoir tenir grâce à la solidarité de notre organisation » , souligne Lassaad Arfaoui. 

 

Des réponses adaptées rapidement mises en place

Bien implantées dans leur territoire depuis longtemps, les associations ont aussi pu organiser en lien avec les autorités locales, administratives et sanitaires, des campagnes de prévention, et coordonner l’intervention des différents acteursA Sfax par exemple, les Scouts Tunisiens ont sillonné les quartiers défavorisés de la grande cité populaire Hay-Habib (100 000  habitantspour informer les jeunes sur l’importance des gestes barrière pour eux-mêmes, leur famille et leur communauté. Des bénévoles se sont déplacés devant les bureaux de poste et les commerces alimentaires et ont posé des repères au sol pour marquer les distances à respecter.  Plusieurs associations ont aussi proposé des formations aux jeunes qui ont pu à leur tour convaincre leur entourage, famille et camarades, de l’importance de respecter les contraintes liées au confinement. « Dans une société très connectée, les fakenews circulent vite sur les réseaux sociaux et il était important de les désamorcer par un travail d’information », explique ainsi Lassaad ArfaouiProduction de vidéos et de BD, affichage de posters informatifs et préventifs dans les lieux publics, mais aussi traduction en langue des signes des points presse du ministère de la santé pour les personnes mal entendantes… les initiatives ont été nombreuses.  

 

La solidarité face à la crise sanitaire

Mais ce fut aussi un véritable élan de solidarité qui s’est déclenché dès les premiers joursquand des centaines de jeunes accompagnés par les associations du programme Soyons actifs/actives sont allés désinfecter des bureaux et des centres d’accueil qui hébergent des services publics. « Il était essentiel de permettre aux services de l’Etat de continuer de fonctionner et d’éviter le développement de clusters», commente Lassaad Arfaoui. A Djerba, Sidi Bouzid, Kasserine et Tataouine,  bureaux de poste, centre d’accueil de la CNAMcommissariats de policepostes de garde militaires, commerces de proximité, cabinets médicaux, et mêmes centres hospitaliers ont ainsi pu être sécurisés en quelques jours. « Ces jeunes citoyens sont extraordinaires, témoigne un infirmier de l’hôpital de KasserineLeur réactivité nous a permis de démarrer dans de meilleures conditions la lutte contre le Covid. »  

 

 

 

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