« Des enfants qui mouraient il y a dix ans ont aujourd’hui une chance de bien vivre »

En Europe de l’Est, Solidarité Laique a porté un projet pour que les droits de l’enfant y soient mieux appliqués. L’enjeu : impliquer les pouvoirs publics sans lesquels les actions ne peuvent que rester marginales. Interview d’Yvo Bojkov, partenaire du Procopil.

Quelle était la situation des droits de l’enfant en Bulgarie au début du Procopil ?

Les services sociaux de l’enfance y étaient dans un état précaire. Un reportage diffusé en 2007 par la BBC sur les conditions de vie d’enfants handicapés physiques et mentaux dans un orphelinat avait livré une illustration dramatique de cette situation. Des ONG parvenaient tant bien que mal à pallier ce manque, mais elles avaient du mal à pérenniser leur travail.

Où en est-on aujourd’hui ?

Des enfants qui mouraient il y a dix ans ont aujourd’hui une chance de bien vivre. Sans la collaboration étroite du RNE (un réseau de 120 associations bulgares liées à la protection de l’enfance- NDLR) avec l’Association nationale des municipalités en Bulgarie, ce processus de réforme en profondeur aurait sans doute pris beaucoup plus de temps. Partout en Bulgarie, les professionnels ont aujourd’hui en main des guides de bonnes pratiques, ils sont formés et de nombreux projets se montent comme par exemple à Dalbok Dal, où un important projet pour les enfants handicapés et les enfants défavorisés est en train de voir le jour. Quand plusieurs acteurs travaillent main dans la main, cela donne de bons résultats.. Les premiers bénéficiaires sont les enfants qui sont mieux accompagnés et respectés dans leurs droits fondamentaux.

Fédérer, coopérer, agir en réseau

Faire progresser les droits de l’enfant, c’est agir durablement et en profondeur. Pour Solidarité Laïque, depuis longtemps déjà, cette ambition passe par la capacité à fédérer des réseaux, à mobiliser et à permettre l’appropriation des besoins et des enjeux par les acteurs locaux . En témoignent les échanges de pratiques, les ateliers de formation à l’attention des travailleurs sociaux et des directeurs d’institutions et bien sûr, in fine, la très forte implication des municipalités et de l’Etat bulgare pour que se mettent en place des délégations de services sociaux vers des ONG.

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