Être jeune et citoyen(ne) en Méditerranée

Naoufel Ichaoui, 26 ans, témoigne sur la situation de la jeunesse en Tunisie. Il raconte les initiatives qu’il a développées grâce au programme « Soyons actifs, soyons actives ».

Après la révolution, vous avez créé l’association « Amal pour le développement et la solidarité ». Quel était votre objectif ?

Le but était que la jeunesse de Kasserine devienne actrice de son développement. Sans savoir vraiment comment nous allions y parvenir, nous souhaitions que les jeunes s’engagent au service du collectif, goûtent à la solidarité, vivent pleinement leurs devoirs et leurs droits. Néanmoins, nous étions novices en la matière et avions encore beaucoup à apprendre. C’est la raison pour laquelle nous avons participé à la création du programme « Soyons actifs, soyons actives ».

 

Qu’est-ce que ce programme vous a apporté ?

Le partage d’expériences a renforcé nos compétences en termes d’expression, de négociations et d’animations. Personnellement, j’ai bénéficié d’une formation au diplôme du Bafa et fait un service civique, ce qui m’a été très utile dans la conduite de nos projets. Autre force du programme, la gouvernance partagée est également, à mon sens, la garantie de « tenir la route » et de ne pas perdre notre cap. Nous allons tous dans le même sens, nous décidons ensemble de nos priorités. C’est assez rare pour le souligner ! Une cinquantaine d’associations, réparties sur tout le territoire, participent à ce programme. Chacune à sa manière est au service de cet objectif commun et déterminant pour l’avenir du pays : la lutte contre les discriminations.

 

Qu’avez-vous réalisé et mis en œuvre concrètement ?

Après le vote de la Constitution, nous sommes allés dans les écoles de Kasserine pour expliquer aux collégiens leurs droits et leurs devoirs et leur proposer de s’engager avec nous sur des projets collectifs et citoyens. Certains ont, par exemple, avec notre soutien, créé une compagnie de théâtre-forum qui, tous les deux mois, propose des interventions dans les rues autour du thème de la citoyenneté, du respect de l’autre et du vivre ensemble. Nous avons aussi mis en place des formations d’animateurs pour proposer un meilleur encadrement hors temps scolaire aux jeunes qui, sinon, sont livrés à eux-mêmes. Toutes ces activités concourent à former l’esprit, à créer du lien, à donner envie de s’engager au service de causes positives et collectives. Bref, cela donne du sens et ouvre vers l’avenir.

Suivez-vous sur les réseaux sociaux