Jigiya Bon : un cercle vertueux “éducation-travail-santé” pour les jeunes maliennes

Education, insertion professionnelle, éducation à la santé. Au centre Jigya Bon de Bamako, les jeunes Maliennes travaillent à leur autonomisation.

Jigiya Bon. Le nom de cette association implantée au Mali depuis 2004 signifie « La Maison de l’Espoir ». Plus que de l’espoir, ce sont des formations à toutes les étapes de la vie que l’association offre aux jeunes filles et aux femmes dans le besoin. Avec l’autonomie, en ligne de mire.

 

Au Mali, mariages, grossesses précoces et mutilations génitales sont encore très répandus, menaçant la santé et la scolarisation des filles. Ainsi, selon l’UNICEF, plus de la moitié d’entre elles sont mariées avant 18 ans, 1 fille sur 5 travaille au lieu d’aller à l’école et 89 % d’entre elles sont victimes de mutilations génitales. Résultat : si elles sont 61 % à fréquenter le primaire, plus que 24 % d’entre elles poursuivent en secondaire.

 

Des perspectives d’emploi, mais plus encore…

Près de 100 filles de 8 à 18 ans sont ici nourries, logées et soignées avec le soutien de Solidarité Laïque, qui cofinance Jigiya Bon depuis 2010. Elles fréquentent une école privée, qui leur garantit une meilleure éducation que dans le public, où les classes sont surchargées et où les enseignants n’ont souvent pas été formés. Les compétences de base qu’elles y acquièrent sont complétées par des formations de couture ou de production de savon, par exemple. Mais au-delà de l’employabilité, le centre soutient leur autonomisation personnelle. Un potager a ainsi été aménagé dans l’enceinte du foyer, à la charge des jeunes filles. Une activité qui mêle apprentissage, loisir, lien social et utilité collective. Education sexuelle, à la santé et à la citoyenneté sont également au programme pour qu’elles puissent prendre en main l’amélioration de leur qualité de vie.

 

Eduquées aujourd’hui, plus libres demain

« L’éducation des filles a un impact important sur la santé de la famille, et plus largement sur la santé du pays, explique Roland Biache, Délégué général de Solidarité Laïque. Instruites, elles sont effectivement plus attentives aux bonnes pratiques en matière de nutrition et d’hygiène. Le taux de mortalité infantile diminuerait ainsi de moitié si toutes les filles finissaient l’école secondaire : 2,8 millions de vies seraient sauvées par année !  » Les parents instruits, particulièrement les mères, ont également tendance à avoir eux-mêmes des enfants plus instruits. « Non seulement parce que les parents jouent un rôle éducatif à la maison, développe Roland Biache, mais aussi parce qu’ils encouragent leur scolarisation plutôt que de les faire travailler. Ainsi, l’éducation des filles participe de façon très efficace à la lutte contre la déperdition scolaire pour les générations futures.  »

 

Travailler pour devenir autonome

Pour les jeunes filles qui ont achevé leur scolarité, le centre Jigiya Bon a établi des partenariats avec des écoles professionnelles de la région qui leur proposent des formations dans des domaines variés tels que l’infirmerie, l’électricité, le secrétariat ou le dessin industriel. L’association développe également deux actions de soutien au travail des femmes dans les zones rurales au Nord du pays. A Sikoro, elle forme des femmes à la production de beurre de karité biologique et à Boro, elle a construit un séchoir à oignons entièrement géré par des femmes.

« Ces projets garantissent leur sécurité économique et un revenu correct,conclut Roland Biache. Outre le bénéfice financier pour la famille et indirectement pour le pays, les femmes acquièrent une meilleure autonomie et gagne en pouvoir décisionnel dans le ménage. Favoriser leur travail, c’est lutter contre la pauvreté et pour le respect de leurs droits d’abord au sein du couple, puis dans la société.  »

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