L’éducation se passe aussi en dehors de l’école

Avec Solidarité Laïque, les Francas travaillent avec des partenaires locaux pour imaginer des formes d’éducation complémentaires de l’école. Explications avec Marc Epron, délégué national des Francas aux actions internationales et européennes.

Dans les actions en faveur du développement, l’éducation tient une bonne place. Mais l’éducation se limite-t-elle à l’école ?

 

L’éducation qui ne se déroule pas dans le cadre des systèmes éducatifs classiques participe, comme l’éducation formelle, à la dignité humaine, à l’émancipation, à l’épanouissement et à l’insertion des personnes dans la société. Mais force est de constater que bien souvent, dans les pays avec lesquels nous échangeons, elle est souvent négligée par les pouvoirs publics. Il arrive aussi comme en Afrique de l’ouest, en Haïti, au Laos, que l’éducation non formelle pallie des insuffisances de l’Etat, du fait d’un manque de moyens, d’inconséquence ou de hiérarchie des priorités. Or, pour les enfants et les jeunes, il est intéressant de pouvoir disposer de différents espaces éducatifs.

 

En quoi l’éducation non formelle favorise-t-elle le développement de l’enfant ?

 

Quand on participe à des activités qu’on ne pratique ni dans le cadre familial ni dans le cadre scolaire, on se construit, on se découvre en tant que personne. On découvre aussi l’espace des habiletés, artistiques ou autres, par lesquelles on peut entreprendre, concrétiser des choses et développer ses capacités. Enfin, dans le cadre de ses activités, on apprend à écouter, à prendre la parole, à participer et, au final, à vivre ensemble. Quant aux approches pédagogiques, elles associent un aspect ludique, une forte implication personnelle et un jeu permanent entre l’individuel et le collectif : l’enfant est tantôt dans un apprentissage personnel parce qu’il a besoin d’appréhender quelque chose par le tâtonnement et, à d’autres moments, il est dans des dynamiques collectives où le groupe devient support de l’apprentissage.

 

Au Bénin, en Tunisie ou en Haïti, les Francas interviennent avec Solidarité Laïque. Comment procédez-vous pour mettre en place ce type de projets ?

 

Concrètement, tout commence par l’écoute, la compréhension de la logique d’une communauté et de son histoire. Il y a une part très importante de diagnostic partagé avant de commencer à agir ensemble. Ce que nous avons développé avec nos partenaires s’inscrit toujours dans le temps. Si on veut mener des actions durables, ce temps du partage des histoires, des cultures et des pratiques est absolument nécessaire. Bref, pour tout ce qui touche au développement local, dont l’éducation fait partie, ce sont d’abord les acteurs du territoire qui doivent formuler leurs besoins. C’est eux qui mettent en place des dynamiques propres pour l’avenir de leurs enfants et le développement de leur pays.

 

L’épanouissement des enfants et des jeunes influe-t-il sur le développement des pays ?

 

C’est une question très difficile à apprécier ! Mais les mouvements de jeunesse et d’éducation populaire ne s’impliqueraient pas autant auprès des enfants et des jeunes si cette finalité n’était pas visée : le mieux-être individuel, le mieux-être en société, et une contribution collective au devenir d’un pays.

 

Les enjeux de l’éducation non-formelle selon l’Unesco

“L’éducation non-formelle joue un rôle de plus à plus important en vue de faire de l’Éducation pour tous (EPT) une réalité et d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement. Divers facteurs récents tels que la diversification des besoins individuels d’apprentissage dans une société en évolution rapide, les problèmes irrésolus d’analphabétisme et de non-scolarisation des enfants, les limites inhérentes à la nature du système éducatif formel dans la manière dont l’enseignement est dispensé et le recours accru aux technologies de l’information et de la communication, ont conduit les parties prenantes à l’EPT à examiner de près le potentiel de l’éducation non-formelle.”

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