Liban : un père s’immole par le feu car il ne peut pas scolariser sa fille

Le 9 février dernier, un citoyen libanais a choisi de mettre un terme à ses jours, plutôt que de ne pouvoir scolariser sa fille. Cet acte de désespoir reflète une grave crise de l’éducation au Liban.

Au Liban, l’éducation de qualité se paye, et se paye très cher. Georges Zreik avait, semble-t-il, tout sacrifié pour offrir une éducation de qualité à sa fille. Mais au Liban, la pauvreté de certaines familles prive des enfants de leur droit à l’éducation. 30% de la population libanaise vit en effet en- dessous du seuil de pauvreté. Dans ce contexte, l’accès à une éducation de qualité dépend largement de l’origine sociale.

 

L’école publique, l’école des “laissés pour compte”

Le système scolaire libanais laisse une large place aux écoles privées confessionnelles. Insuffisamment dotées par l’Etat, les écoles publiques souffrent d’une image de mauvaise qualité et accueillent les familles les plus modestes, certains diront « les laissés pour compte ». Beaucoup de familles libanaises scolarisent leurs enfants dans l’enseignement privé et n’hésitent pas à consacrer une part très importante de leur budget à l’éducation de leurs enfants. Elles font souvent le choix de privilégier l’éducation de qualité des garçons au détriment des filles qui se rendent alors à l’école publique. Solidarité Laïque, dans le cadre de La Rentrée solidaire 2017-2018 alertait déjà sur cette situation qui ne peut que contribuer à renforcer les haines communautaires.

 

Scolariser ses enfants, un sacrifice au Liban

Avant de s’immoler, ce père de famille, Georges Zreik, avait reçu quatre avertissements de la part de la direction de l’école pour s’acquitter des frais de scolarité de sa fille. C’est dans la cour de l’école de sa fille, le collège grec-orthodoxe Notre-Dame de Bkeftine dans la région du Koura (Nord du Liban), qu’il s’est donné la mort. Beaucoup de parents, solidaires de Georges Zreik sont venus protester devant le ministère de l’Education à l’Unesco.

 

Le Liban au cœur des conflits

Située dans une zone de tensions, l’éducation au Liban doit pourtant relever, parmi d’autres, un défi de taille : l’accueil des réfugiés en provenance de Palestine et de Syrie. Le Liban compte en effet un réfugié pour quatre habitants. 37 000 enfants syriens sont ainsi sur liste d’attente pour accéder à l’enseignement public au Liban. Une pression migratoire qui accentue les inégalités et s’ajoute aux autres enjeux auxquels l’école publique libanaise ne parvient pas à faire face, faute d’investissements de l’Etat.

 

Dans un système éducatif saturé et un pays très communautaire, Solidarité Laïque travaille avec des associations et des enseignants qui se battent au quotidien pour que les jeunes, qu’ils soient libanais ou syriens, soient éduqués et apprennent à vivre ensemble dans le respect de leurs différences.

 

Retrouvez le communiqué de “Citoyens et Citoyennes dans un État”

 

© Frédéric Vielcanet/Solidarité Laïque

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