Quand la concentration des richesses menace l’accès de tous à une éducation de qualité

Comment résoudre la crise mondiale de l’éducation dans un monde où les inégalités s’accentuent ? Les richesses se concentrent dans les mains d’une minorité, souligne le dernier rapport d’Oxfam. Il y a donc urgence à mettre en place des politiques fiscales plus justes pour financer les services publics essentiels.

Les inégalités mondiales se creusent. A l’occasion de la publication de son rapport “Services publics ou fortunes privées”, l’ONG Oxfam alerte sur les conséquences de politiques fiscales inéquitables. Ce creusement des inégalités compromet l’accès de tous les enfants à une éducation de qualité, et particulièrement en Afrique Subsaharienne.

 

26 milliardaires ont autant que la moitié la plus pauvre de l’humanité

 

Malgré la crise financière d’il y a 10 ans, la fortune des milliardaires n’a cessé de croître, souligne le rapport. “ La fortune des milliardaires dans le monde a augmenté de 900 milliards de dollars rien que l’an dernier, soit 2,5 milliards de dollars par jour.” Ces chiffres donnent le tournis et condamnent certaines régions du monde à l’extrême pauvreté.

 

L’Afrique subsaharienne, région la plus frappée par les inégalités

 

En Afrique subsaharienne, le rapport Oxfam souligne que l’extrême pauvreté  a augmenté.  “ La pauvreté touche la plus grande partie de l’humanité. […] Encore 3,4 milliards de personnes survivent avec moins de  5 € (5,5 $) par jour.” C’est en Afrique subsaharienne que les taux d’exclusion de l’éducation sont les plus élevés, d’après l’UNESCO. 1 enfant sur 5 âgé d’environ 6 à 11 ans n’est pas scolarisé. Or, le rapport le rappelle : “l’éradication de la pauvreté est indissociable de la lutte contre les inégalités.”

 

Accéder à l’éducation, un vecteur d’égalité

 

Le rapport souligne le rôle des services publics essentiels, comme l’éducation, pour résorber les inégalités. “Les inégalités ont de profondes implications pour l’avenir de nos enfants. (…) L’opportunité pour chaque enfant d’apprendre et d’exploiter au mieux son talent est au cœur d’une société plus juste. Cependant, dans de nombreux pays, ce sont les richesses et non le talent qui dictent le parcours scolaire d’un enfant.” Or , “en taxant plus équitablement les richesses, il serait possible de collecter suffisamment de recettes pour s’assurer que chaque enfant est scolarisé et que personne ne tombe dans la pauvreté… “ L’accès de toutes et tous à des services publics de qualité pourrait être un important vecteur d’égalité “offrant à toutes et tous une chance équitable de mener une vie décente, indépendamment de sa fortune ou de ses revenus.

 

Malgré des avancées importantes, “ dans les pays en développement, les enfants des familles les plus riches ont 32% de chances de plus d’aller au terme de l’école primaire que les enfants des familles les plus pauvres. ” De plus, “dans de nombreux pays, les écoles publiques et les hôpitaux manquent souvent de personnel, sont sous financés et de mauvaise qualité. ”  Aussi, le rapport rappelle l’importance de cesser de soutenir la privatisation qui a tendance à renforcer les inégalités, comme le soulignait en 2016 le rapport de la Global Campaign for Education “Private Profit, Public Loss : why the push for low-fee private schools is throwing quality education off track.”

 

Objectif : des services publics de qualité et gratuits pour toutes et tous

 

L’objectif que se sont fixés les Etats, est de permettre d’ici 2030 à chaque enfant d’être scolarisé dans le monde. Comment ? Pour Oxfam, cela passe par des politiques fiscales plus justes. “ Les personnes les plus riches et les entreprises qu’elles détiennent sont sous-imposées dans le monde actuel. (…) Les recettes fiscales supplémentaires levées auprès des personnes les plus riches dans les pays riches pourraient être utilisées pour soutenir les pays les plus pauvres grâce à des augmentations de l’aide.”

 

Les inégalités découlent d’un choix politique

 

Si les inégalités se creusent, c’est parce que les Etats ne s’attaquent pas au problème. C’est dans cet esprit que l’ONG conclut son rapport. “Si l’on ne s’attaque pas au problème de la sous-imposition des personnes qui ont le plus les moyens de payer, la crise des inégalités échappera à tout contrôle et nous serons incapables de vaincre la pauvreté.

 

Pour permettre aux 262 millions d’enfants déscolarisés d’accéder à une éducation de qualité, les Etats doivent se donner les moyens d’agir en mettant en place des politiques plus justes, plus équitables.

 

Retrouvez le rapport d’Oxfam “Services publics ou fortunes privées ” de 2019

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