Quand les enfants du Bénin oeuvrent pour la paix

Au Bénin, où l’instabilité politique est parfois source de tensions, une trentaine de « Copains du Monde » se sont donné pour mission de jouer un rôle dans le paysage politique. Entretien avec Esther Cakpo, fonction Assistante Documentaliste, partenaire de Solidarité Laïque.

Qu’est-ce que le mouvement « Copains du monde » ?

C’est un mouvement d’enfants et d’adolescents de 9 ans à 18 ans, issus de toutes les couches de la société, engagés pour le monde et pour la paix. Ces « Copains du monde » portent des actions de solidarité pour les enfants malades, les écoles, l’éducation à l’environnement, etc. Ils ont par exemple organisé comme un spectacle pour collecter de l’argent pour les enfants  d’un centre hospitalier de Porto Novo. . Au Bénin, beaucoup d’enfants souffrent de paludisme et les parents n’ont pas les moyens de subvenir à leurs soins. Pour les Copains du Monde, c’était important d’exprimer leur solidarité. Dans une perspective d’éducation à l’environnement, les Copains du Monde ont aussi équipé les écoles de poubelles. Ces petites actions traduisent concrètement la solidarité dont ils souhaitent être acteurs.

 

Ils se sont beaucoup impliqués pendant les dernières élections présidentielles. Qu’ont-ils fait ? Cet engagement peut-il réellement avoir un impact ?

Lors des élections au Bénin en février-mars 2016, la tension était forte. Les enfants ont souhaité mener un plaidoyer pour sensibiliser les candidats aux droits de l’enfant, les faire connaître et et leur demander de les respecter Ils ont pris la parole en public, rencontré des politiques et ont exprimé leur désir de paix pour que les élections se déroulent au mieux. Lors d’une intervention télévisée remarquée, un « copain du monde » a ainsi réaffirmé « les enfants n’ont pas le droit de faire la guerre ni d’y participer ». Autant d’actions qui les aident à vivre concrètement leur citoyenneté et les prépare à influer sur l’avenir de leur pays.

 

Les copains du monde du Bénin ont rencontré des enfants français. Qu’est-il ressorti de ces rencontres ?

A l’île de Batz en Bretagne cet été, en partenariat avec le Secours Populaire, les enfants ont échangé lors d’un camp de vacances sur leurs droits, notamment ceux de la Convention internationale des droits de l’enfant. Ils ont réfléchi ensemble aux actions à mettre en place et ont partagé leur expérience de la solidarité. Cela a été l’occasion pour eux de confronter les problèmes liés aux discriminations qui peuvent frapper les enfants béninois comme les enfants français. Je suis convaincue qu’il est essentiel d’aborder très tôt ces questions-là. Les enfants s’aperçoivent alors que quel que soit leur pays, ils sont semblables, ce qui développe chez eux cet élan de solidarité. De cette manière ces enfants ne grandiront pas avec la haine de l’autre. C’est par l’éducation qu’on met fin à long terme aux conflits humains.

 

Quelles perspectives pour la suite ?

Pour le moment, c’est une initiative qui n’existe qu’à Porto Novo mais que l’on souhaiterait élargir à tout le territoire du Bénin. Les enfants ont véritablement envie de mener des actions solidaires, il faut les y aider !

Dans le cadre du programme Afrique, Solidarité Laïque a contribué au financement de ce projet.

 

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