Réfugiés syriens : revivre en partant en vacances

Comment imaginer prendre des vacances alors que 5 ans plus tôt sa vie était en danger ? Pour les réfugiés syriens accueillis par l’association Revivre, le départ en vacances est l’aboutissement d’un cheminement long et douloureux vers une vie apaisée.

Lorsqu’elle a fui la Syrie, la priorité de Marwa c’était sa sécurité : trouver un endroit pour vivre en paix avec ses deux enfants et son mari. Depuis 2014, date de son arrivée en France, le chemin a été long pour se projeter dans des vacances en France. Une démarche rendue possible grâce au programme Vacances et Insertion qui accompagne les familles en fragilité vers le départ en vacances. 

 

“ Lorsque je suis arrivée, la priorité c’était la sécurité de ma famille ”

Après 4 ans passés en France à se reconstruire psychiquement, moralement, Marwa, son mari et leur deux enfants ont pu profiter de leurs premières vacances sur l’île d’Oléron. Symboliquement, ce départ en vacances est pour Marwa comme pour d’autres synonyme de reconstruction.

Car l’histoire de Marwa est, comme celle des 5,6 millions de syriens qui ont quitté la Syrie, des plus douloureuses. Avant de trouver refuge en France, la jeune femme de 28 ans, son mari et ses deux enfants ont passé un an en camp de réfugiés en Jordanie. “ On dormait sous une tente. Lorsqu’il pleuvait, il pleuvait aussi dans la tente. Les conditions étaient très dures”, raconte-t-elle avec un sourire mêlé de tristesse. Son visage révèle aussi une grande ténacité et un véritable optimisme. “ Lorsque je suis arrivée, la priorité c’était la sécurité de ma famille. Les vacances, ce n’était pas du tout à l’ordre du jour… Nous ne sommes pas partis pendant 4 ans et cela ne nous manquait pas car nous avions l’esprit bien trop occupé. “

A son arrivée, la famille est logée un an et demi par la Croix Rouge via le 115. Lassociation Revivre, qui s’occupe de l’accueil des réfugiés syriens en France, prête alors main forte à la famille en l’aidant dans ses démarches pour trouver un logement. “ Nous avons depuis 3 ans un appartement en banlieue parisienne. Mon mari a trouvé un travail, ce qui n’était pas évident au début. Là bas, il travaillait dans l’administration, ici il est peintre en bâtiment. C’est la difficulté de la langue.” Au sein de l’association, Marwa rencontre d’autres réfugiés syriens qui ont vécu la même chose et qui souhaitent également apprendre le français, l’une des premières barrières à l’intégration en France. La jeune femme suit donc les cours de français proposés par l’association et progresse rapidement.

 

“ Partir en vacances, c’était surtout pour faire plaisir aux enfants”

C’est en 2018, soit 4 ans après son arrivée qu’on lui propose de partir en vacances. “ Bon, pour moi, c’était surtout pour faire plaisir aux enfants car ils ont besoin de ça pour se construire. Moi je voudrais surtout leur faire découvrir leur pays d’origine…” La jeune femme parle de la Syrie avec une grande nostalgie. Une nostalgie partagée par de nombreuses personnes rencontrées au sein de l’association. Beaucoup souhaiteraient en effet revoir leur pays laissé si brutalement.

SI le premier frein au départ en vacances était pour Marwa psychologique, la sécurité primant sur tout le reste, elle reconnaît que les vacances sont un poste de dépense important. “ Bien sûr, l’argent est également un frein “, explique-t-elle. “Mais l’association Revivre avec le programme Vacances et Insertion nous a aidé à identifier une structure qui pouvait nous accueillir. “

Ses yeux brillent lorsqu’elle raconte ce séjour. “ Nous sommes partis en voiture et une fois arrivés, nous avons été accueillis par l’équipe de Vacances Passion. On nous a tout expliqué : les activités pour les enfants, la distance de la plage…etc. La mer était à 3 minutes ! C’est très beau cette île. Les enfants se sont vraiment amusés, ils ont fait pleins d’activités. Pendant ce temps-là, nous avons pu vraiment nous reposer. Les enfants n’ont désormais qu’une envie : repartir ! “

 

“J’aimerais cette année partir en vacances dans le Sud. ”

Souhaite-t-elle repartir ? “ Bien sûr !, répond-t-elle. J’aimerais si possible aller dans le Sud. ” Marwa le sait, les places sont limitées et le travail minutieux de répartir les familles dans les structures demandées relève des assistantes sociales et responsables du programme “Vacances et Insertion”.

“ Il y a malheureusement des destinations très demandées, explique Muriel Scheuer, chargée Vacances et Insertion chez Solidarité Laïque. On fait notre maximum pour satisfaire les demandes, trouver les structures les plus adaptées. On essaie de faire partir les personnes aux périodes un peu creuses : début juillet, fin du mois d’août pour accroître les places disponibles et diminuer les coûts. “

 

Vacances et Insertion

En 2018, Solidarité Laïque, en partenariat avec l’ANCV et ses délégations départementales, a permis le départ de 500 familles.

Les chiffres clés 2018 :

  • 1861 Bénéficiaires
  • 705 adultes, 1072 enfants, 66 jeunes, 18 séniors
  • 13706 journées vacances

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