Réunir les conditions pour la participation des jeunes

La participation des jeunes est une clé pour bâtir une société solidaire. Découvrez les 25 recommandations du réseau de l’Anacej – Solidarité Laïque ayant été associé -  en prévision des élections présidentielles. Un enjeu majeur pour transformer notre monde.

Donner la parole aux enfants et aux jeunes, c’est essentiel. C’est pourquoi Solidarité Laïque, présente au 11e Congrès de l’ANACEJ à Strasbourg les 29 et 30 octobre derniers, souhaite désormais faire échos à ces recommandations.

 

Retrouvez les recommandations sur le site de l’Anacej

 

25 ANS, 25 PROPOSITIONS

Enfants, jeunes, et élu-e-s et professionnels construisons ensemble

A l’occasion de ses 25 ans, le 30 octobre 2016 à Strasbourg, lors du Congrès de la participation des enfants et des jeunes, nous, réseau de l’Anacej, composé d’enfants et de jeunes engagés, de professionnel-le-s, d’élu-e-s et d’associations réaffirmons que développer les conseils d’enfants et de jeunes ou toutes formes de participation est une priorité pour notre démocratie.

Les enfants et les jeunes sont des citoyens au même titre que les autres. Ils peuvent faire bénéficier la collectivité de leurs connaissances et de leurs expériences. Pour leur permettre de s’impliquer dans la société, il est important qu’ils puissent exercer une citoyenneté active dès le plus jeune âge.

Il faut leur faire confiance. Ils sont capables de prendre des responsabilités et de participer à la co-construction de toutes les politiques publiques – et pas uniquement celles relatives à l’enfance et à la jeunesse et font des propositions pertinentes pour l’amélioration de la société.

L’Anacej, forte de son histoire et de son action, porte, 25 propositions pour renforcer la participation des enfants et des jeunes à la vie publique.

 

Renforcer la participation des enfants et des jeunes :

C’est créer les conditions favorables au dialogue entre jeunes et élus.

Parce que la participation, c’est avant tout une rencontre, il est fondamental de :

1 – Considérer les enfants et les jeunes comme des citoyen-ne-s à part entière, capables de faire des propositions et d’être associés aux prises de décision.

2 – Accepter les règles d’un échange régulier, respectueux, franc et direct : les jeunes doivent être encouragés à donner leur avis, les élu-e-s et les professionnel-le-s doivent leur répondre avec sincérité et simplicité

3 – Leur reconnaître un droit à l’interpellation, à ne pas être d’accord, à expérimenter, et à prendre des initiatives

4 – Veiller systématiquement à l’impact sur les enfants et les jeunes des politiques menées (logement, transports, urbanisme…) et en discuter avec eux

5 – Valoriser et reconnaître leurs idées, leur engagement et leurs actions

6 – S’assurer que les enfants et jeunes concertés soient informés des décisions prises par la suite par les élus, des raisons de ces choix et de leur mise en œuvre

7 – Accepter qu’une concertation demande du temps, des espaces et des méthodes adaptés,

8 – Se donner les moyens humains et financiers.

C’est développer la culture de la participation partout, pour toutes et tous

Parce qu’il est nécessaire que les démarches de participation des enfants et des jeunes se multiplient, se renforcent et soient ouvertes à TOUS les enfants et les jeunes sans distinction, il est important de :

9 – Présenter régulièrement les travaux des instances de participation aux séances des conseils municipaux, intercommunaux, départementaux, et régionaux

10 – S’assurer que les élus participent régulièrement aux travaux des séances plénières des conseils de jeunes

11 – Soutenir et encourager toutes les instances inscrites dans la loi : les dispositifs comme les délégués de classe, les conseils d’école, les conseils de la vie collégienne, les conseils de la vie lycéenne, les conseils d’administration des lycées et universités, mais aussi les conseils de quartiers, les conseils citoyens, les conseils de développement…

12 – Soutenir et inciter toutes les démarches de participation associant les jeunes dans les espaces et institutions qu’ils fréquentent

13 – Encourager les espaces de rencontre et les projets entre conseils de jeunes y compris avec d’autres pays, ainsi qu’avec d’autres dispositifs de participation

14 – S’assurer dans le cadre de la mise en place de politiques publiques de demander leur avis aux enfants et aux jeunes, les évaluer ensuite avec eux. Exemple : les rythmes scolaires et éducatifs…

C’est partager les connaissances sur la participation

Parce qu’il est encore nécessaire de faire prendre conscience de l’importance de développer la participation des enfants et des jeunes, il est utile de :

15 – Développer la formation à la participation de tous (jeunes, élu(e)s , des fonctionnaires, animateurs-trices, enseignants…)

16 – Faire connaître l’existence des conseils d’enfants et de jeunes comme de toute autre forme d’engagement lors des heures d’Education Morale et Civique (EMC) et des Journées défense et citoyenneté (JDC)

17 – Faire la promotion de la Convention internationale des Droits de l’enfant et notamment du droit à la participation et à l’expression

18 – Développer et partager la recherche sur l’état de la participation des enfants et des jeunes en France et à l’international

Mieux communiquer

Parce que parler de la participation des enfants et des jeunes, ce n’est pas seulement une photo lors des cérémonies, il faut :

19 – Améliorer la communication publique locale sur les dispositifs de participation avec des jeunes, sur leurs propositions et leurs actions

20 – Inciter les services communication des collectivités à collaborer avec les jeunes

21 – Développer les campagnes de communication sur ces thématiques pour éviter les caricatures sur les jeunes (sur le modèle de la campagne « Stop aux clichés »)

22 – Varier les outils de communication pour atteindre différents publics (réseaux sociaux, événements, etc.).

23 – Permettre aux jeunes engagés de communiquer, d’échanger leurs expériences, en les accompagnant, en leur donnant les moyens et du temps

24 – Délocaliser dans différents lieux de la collectivité, les réunions des conseils et leur permettre d’animer des débats avec les habitants

25 – Soutenir et favoriser les échanges d’expérience en jeunes engagés

Textes de références :

  • La Convention internationale des Droits de l’Enfant, notamment ses articles 12 et 13 relatifs au droit de participation des enfants et des jeunes,
  • Les recommandations du Comité des Droits de l’Enfant de l’ONUqui encouragent la France à développer les instances de participation,
  • La recommandation aux Etats membres du Conseil des ministres de l’Union européenne, réunis le 23 novembre 2015, : “permettre et faciliter l’élaboration de processus de participation, tels que les conseils de la jeunesse, en étroite collaboration avec les autorités publiques locales et régionales en vue de donner aux jeunes la possibilité de faire entendre leur voix dans les processus de prise de décision aux niveaux local et régional”.
  • La Charte sur la participation des jeunes à la vie municipale et régionale puis révisée en 2003 par le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe qui estime que les jeunes doivent avoir accès à toutes les formes de participation à la société.
  • L’étude de l’Observatoire de la jeunesse solidaire de 2014, montrant que 82 % des moins de 30 ans souhaitent pouvoir avoir la possibilité d’agir sur leur territoire grâce aux dispositifs de participation comme les conseils municipaux de jeunes.
  • La loi « Egalité et Citoyenneté »encourageant le développement de la mise en place de conseils de jeunes dans les collectivités territoriales (en cours de vote)

L’objectif maintenant ? Partager au maximum ces propositions, auprès des décideurs locaux, nationaux et européens afin qu’elles puissent influencer les politiques jeunesse développées à toutes les échelles de territoire.  Pour cela, partagez-les autour de vous, avec le #Nos25Propositions, via votre page Facebook, votre compte Twitter, votre blog… N’hésitez pas à interpeller vos élus !

Le #CongrèsAnacej était organisé cette année en partenariat avec la Ville de Strasbourgle Commissariat Général à l’Égalité des Territoires,  le Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports,  le Ministère des Outre-Mer, le programme Erasmus + Jeunessela Fondation SNCFla Ville d’Illkirch Graffenstadenle Conseil départemental du Bas-Rhinla Ville de Schiltigheim et EDF Collectivités.

L’Anacej – l’Association Nationale des Conseils d’Enfants et de Jeunes – est un réseau d’élus et d’acteurs enfance-jeunesse qui promeut, depuis 25 ans la participation des enfants et des jeunes à la prise de décision publique.

 

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