Rôle de l’éducation dans la promotion de l’égalité femmes-hommes

Alors que les discriminations entre hommes et femmes persistent, la sensibilisation aux droits des femmes et des filles et la promotion de l’égalité doivent être et demeurer au cœur de l’action éducative.

La sensibilisation au genre régulièrement dénoncée désigne essentiellement les actions éducatives de promotion de l’égalité femmes – hommes. Loin d’être l’expression d’une frustration visant à annuler la différence sexuelle, il s’agit d’amener les élèves à questionner les règles et rôles prédéterminés par la société freinant leur émancipation.  Car, si les conditions de vie des femmes se sont considérablement améliorées au cours des dernières années, des disparités persistent dans de nombreux domaines et se perpétuent d’une génération à l’autre que ce soit en France comme à l’international. A l’image du plaidoyer mené par la militante pakistanaise Malala Yousafzaï ayant frôlé la mort pour ses idées en faveur de l’éducation des filles, la lutte pour le droit des femmes et des filles est loin d’être terminée.

Pour enrayer les disparités, l’éducation a un rôle fondamental à jouer dans la lutte contre les idées reçues et dans la promotion de l’égalité.

Le rôle de l’éducation dans la promotion de l’égalité

Les politiques publiques et notamment l’éducation doivent intégrer les enjeux de l’égalité femmes – hommes car, les disparités persistent, se transmettent et restent bien imprégnées dans les mentalités. En questionnant sur les droits, l’éducation doit permettre aux femmes de s’émanciper et de renforcer leur influence encore limitée sur les choix publics (Rapport sur le développement dans le monde 2012, Banque Mondiale). L’éducation doit permettre aux filles d’avoir pleine conscience de leurs droits, du fait qu’elles doivent être sur un même pied d’égalité que les garçons, et de manière générale aux élèves de questionner leur place au sein de la société, de la famille et l’influence des schémas traditionnels.

Des inégalités persistantes malgré le progrès économique

Les inégalités entre hommes et femmes demeurent en effet persistantes malgré des progrès dus notamment à une croissance économique forte dans certains pays. Les femmes ont moins d’influence sur les choix publics et les écarts de rémunération entre hommes et femmes restent criants. Elles assument également la majeure partie du travail au sein de la sphère privée : travaux ménagers, soins de la famille. En Europe, les 2/3 du travail parental évalué à 40h par semaine sont encore à la charge des femmes ! (Synthèse du rapport L’égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités familiales et professionnelles, IGAS, Brigitte Grésy). En France, certains métiers restent étonnement interdits aux femmes, comme le métier de croque-mort.

Des inégalités à rechercher dans l’environnement social : dès le plus jeune âge, filles et garçons sont conditionnés à l’attribution de rôles sociaux, qui auront une influence sur leurs projections sociales. L’exemple des catalogues de jouets pour enfant illustrent parfaitement cette problématique.

Face à ces inégalités, promouvoir l’égalité des droits et la capacité de décision et d’agir des femmes et des filles doit être au cœur de l’action éducative.

Un aspect fondamental du développement

Chez Solidarité Laïque nous avons bien intégré cette dimension au sein de nos actions. En effet, accroître la capacité de décision et d’action individuelle et collective des femmes a pour effet d’améliorer les institutions et les choix publics.(Rapport sur le développement dans le monde 2012, Banque Mondiale) Pourtant, le constat est le suivant : globalement les femmes ont moins d’influence dans la sphère privée et publique, elles ont moins accès à des emplois à responsabilités et sont moins nombreuses dans les instances officielles. Dans de nombreux pays, elles ont également un contrôle moindre sur les ressources de la famille. Or, l’égalité femmes-hommes est un enjeu fondamental et prioritaire pour l’expansion des libertés des femmes, l’impact sur leur famille et leurs enfants, leurs communautés mais aussi pour le développement de leur pays. Pour preuve, si on augmente de 10 % la fréquentation de l’école par les filles, le PIB d’un pays augmente en moyenne de 3 %.(Chiffres issus de l’ONG Plan)

Promouvoir l’égalité femmes-enfants en remettant en cause les rôles prédéterminés par la société doit être et rester au cœur de l’action éducative.

 

© Southbank Centrehttps://www.flickr.com/photos/southbankcentre/13008430294/

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