Tamo, pour un accueil inconditionnel

Tamo, pour un accueil inconditionnel
Dans cet espace où résonnent de nombreuses langues africaines, de jeunes exilés peuvent trouver un repas, une douche chaude, un peu de réconfort et participer à des projets éducatifs et culturels.

On les appelle les « nini » ou « nijeur », ils ne sont ni majeurs, ni mineurs. Dans l’attente de la reconnaissance de leur minorité, des centaines de jeunes migrants se retrouvent dans une précarité extrême : à la rue, sans solution, sans ressource, une situation qui s’est encore aggravée avec la pandémie.

C’est pour répondre à cette situation qu’un groupe de militants nantais issus des Cemea Pays de la Loire, une organisation membre de Solidarité Laïque, ont ouvert un lieu associatif baptisé « Tamo », qui signifie « miroir du monde » en lingala. Depuis 5 ans, des jeunes venus de Guinée, du Mali, du Sénégal, de Côte d’Ivoire, du Congo, du Cameroun et du Soudan viennent trouver refuge ici. « Il s’agit principalement de jeunes hommes mais nous avons depuis peu des jeunes filles. On accueille ici aussi des personnes sans domicile fixe, des jeunes majeurs ou des mineurs reconnus. L’idée, c’est qu’on ne sélectionne pas les gens et qu’on ne pose pas de questions.  C’est ce qui est apprécié, car les gens ne se sentent pas jugés», explique Elsa Pavageau, coordinatrice de l’accueil Tamo.

Retrouver du lien

Après plusieurs jours ou semaines à la rue sans abri, sans protection et souvent sans personne à qui parler, cet abri leur permet de se nourrir, de se laver mais aussi de retrouver du lien.  Au-delà de l’accès à la douche et à une connexion internet, de la distribution de repas et de kits d’hygiène et de masques, les jeunes qui se retrouvent là croisent des personnes d’origines diverses, Tamo étant situé dans un lieu interculturel et ouvert sur le quartier. « Le lieu est pensé pour que ses publics le fassent vivre, poursuit la coordinatrice. Les jeunes et les animateurs, formés à l’école de l’éducation populaire, décident donc ensemble des activités qu’ils souhaitent mettre en place. » Avant la pandémie, des artistes venaient proposer des séances de danse ou d’improvisation théâtrale mais la situation  est devenue plus compliquée.

Un accompagnement psychosocial est aussi proposé pour tout ce qui concerne la santé, le juridique, le logement. « Nous les soutenons dans la prise de contact avec les institutions concernées, reprend Elsa Pavageau. Et il y a énormément à faire… » Ce qui semble porter ses fruits, au moins pour une partie des jeunes qui reviennent souvent voir les animateurs, même plusieurs années plus tard. « Ils associent cet endroit à quelque chose de positif. Ils viennent nous raconter qu’ils ont trouvé un travail, qu’ils ont fini leurs études ou bien qu’ils ont réussi à obtenir un appartement. Ils peuvent aussi nous demander de l’aide car l’administration française est loin d’être simple et accessible. »

Des projets 2021

Parmi les projets pour l’année à venir, le centre entend renforcer les liens avec les établissements scolaires nantais pour étayer le suivi psycho-éducatif des jeunes scolarisés. « Quand ils quittent l’établissement scolaire, ils se retrouvent isolés et livrés à eux-mêmes. L’objectif est que l’on puisse plus facilement repérer leurs besoins »n explique la coordinatrice. Une flotte de vélos sera aussi mise à leur disposition pour leur permettre de circuler plus facilement dans la ville et de découvrir leur environnement, et le code de la route. Enfin, des émissions de radio seront enregistrées et permettront de partager les parcours migratoires que certaines aimeraient faire connaître au quartier. Une façon très concrète de faire le lien avec les habitants du quartier !

 

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Face à la montée des violences et des discours contre les migrants, Solidarité Laïque soutient des initiatives en faveur des exilé.e.s, dans le cadre notamment des projets PEPS, par l’éducation pour la solidarité.  Pour Solidarité Laïque, acteur d’éducation à la citoyenneté mondiale, il est primordial que le respect des droits et de la dignité des exilé.e.s passe par un plaidoyer auprès des élu.e.s mais aussi par la sensibilisation et l’éducation afin de lutter contre les idées reçues et les amalgames.

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