Travailleurs sociaux et éducateurs : des vacances organisées dans l’urgence 

Éducateurs et travailleurs sociaux, ils ont été aux avant-postes de la gestion de la crise sanitaire auprès des plus vulnérables. Ils doivent désormais s’adapter en un temps record et gérer un été où les inégalités se sont renforcées. Témoignages.

6 Français sur 10 renoncent aux vacances pour des raisons budgétaires, combien seront-ils cette année ? Pour les jeunes qui ont subi un confinement difficile (logement petit, impossibilité de suivre une scolarité normale…), les vacances s’avèrent nécessaires. Animateurs et travailleurs sociaux redoublent d’inventivité pour trouver des solutions dans un contexte tendu. (Voir à ce propos la récente Tribune où Solidarité Laïque et d’autres organisations exprimaient leurs craintes quant à l’insuffisance du dispositif gouvernemental pour favoriser l’accès aux vacances.) Partenaires de Solidarité Laïque, ils confient ici leurs craintes et leurs attentes. 

“Il a fallu s’adapter à la dernière minute”

Florent Muller, directeur du centre de classes de mer “La Marjolaine” (PEP 44 – 49)

“ Tous les ans nous accueillons des familles pour des séjours collectifs au sein du camping de la Turballe. Cette année a été particulière. Il a fallu s’adapter à la dernière minute aux exigences requises par les conditions sanitaires. En parallèle, certaines familles ont finalement décidé de ne plus partir pour plusieurs raisons : certaines personnes ont pu espérer un CDD qu’elles n’ont pas obtenu, des couples se sont séparés pendant le confinement… Cela remet en question les projets de vacances. Certains de nos partenaires comme le Secours populaire ont décidé de concentrer tous leurs efforts sur l’aide alimentaire au détriment de leur programme vacances. Beaucoup de séjours ont donc été annulés. Avec l’aide de partenaires comme Solidarité Laïque, on a pu s’adapter sans avoir à faire supporter le poids financier aux familles. Nous recevrons donc une trentaine de jeunes pendant 5 semaines. En cette année difficile, tout le monde va avoir besoin de vacances. Notre équipe est mobilisée et prête à faire des heures supplémentaires pour que chacun puisse profiter de ce moment de répit nécessaire ! “

 

 

 

“Certaines structures ont dû avancer les frais pour permettre le départ en vacances”

Florent Votovic, militant CEMEA et directeur d’une colonie au centre PEP “Le Cosse” au Grau d’Adge (34)

“ Les règles sanitaires ont été données début juin, le moment où d’habitude on arrête les inscriptions pour les colonies de vacances. Il a donc fallu rapidement s’organiser et proposer des “colos apprenantes” en conformité avec le dispositif prévu par le gouvernement. Cependant, les mécanismes pour bénéficier des aides ont été mis en place tardivement ou mal compris : donc beaucoup d’enfants n’ont pas pu en bénéficier. Au niveau du près d’Arènes, un quartier prioritaire de Montpellier dont je m’occupe, plus de la moitié des personnes qui m’ont contacté n’ont pas réussi à renvoyer les papiers dans les temps. Par ailleurs, l’aide prévue était de 500 euros pour un enfant pour une semaine, décomposée en 400 euros de l’Etat et 100 euros des collectivités territoriales. Certaines structures ont avancé les frais mais les collectivités territoriales se sont désengagées. Ce type de procédur a mis en péril des structures d’éducation populaire déjà fragilisées par la crise sanitaire. Il a fallu aussi supporter le coût de l’achat des masques, des équipements sanitaires. Sans parler des animateurs parfois fidèles d’une année sur l’autre qui n’ont pas pu être recrutés. Cela a généré beaucoup de stress. Malgré tout, nous avons réussi à recevoir ldes enfants et à nous conformer aux règles sanitaires. Elles ont bousculé certaines activités puisque nous aimons faire participer les enfants à la cuisine par exemple. Les équipes ont fait preuve de créativité pour s’adapter.  Nous avons un responsable covid au sein de la structure : le “protocool” qui se charge du renouvellement régulier des masques, il s’assure que les enfants ne se prêtent pas leur gourde. Nous faisons notre maximum pour qu’ils puissent profiter de ce temps de répit nécessaire.”

En partenariat avec l’ANCV, Solidarité Laïque permet chaque année à des familles, des seniors et des jeunes en situation de fragilité de partir en vacances dans le cadre du programme “Vacances et Insertion”.

MOTS-CLES :

Suivez-nous sur les réseaux sociaux