Tunisie : « construire une démocratie à long terme »

Fin janvier, à Tunis, peu de temps après les révoltes sociales de Kasserine, le programme "Soyons Actifs/Actives", coordonné par Solidarité Laïque, a réuni son comité de pilotage. Interview de Khaled Amaimia, membre de ce comité et militant de l’Organisation Tunisienne de Défense des droits des personnes handicapées.

Le programme Soyons actifs, Soyons Actives fédère aujourd’hui 50 organisations. Pourquoi votre association a-t-elle décidé de participer à cette aventure ?

 

Je milite dans une organisation de 400 bénévoles qui luttent pour la mise en œuvre des droits fondamentaux pour les personnes handicapées et l’éducation inclusive. Ce programme nous a intéressés car il propose d’améliorer les capacités de la jeune société civile tunisienne en s’appuyant sur une approche participative. C’est un lieu d’expérimentation de la démocratie, du dialogue et du débat. A terme, Solidarité Laïque et l’Agence Française de Développement (AFD) se retireront et nous serons tous prêts à gérer un dialogue efficace et pertinent avec les pouvoirs publics pour amener plus de justice sociale et transformer le quotidien des populations déshéritées de Tunisie.

 

Comment la question du handicap est-elle prise en compte par les pouvoirs publics tunisiens ?

 

 

Elle ne l’est pas ! La discrimination à l’égard des plus démunis en Tunisie est aujourd’hui l’un des facteurs principaux qui explique la tension actuelle et les dérives extrémistes. C’est un fait : voilà que l’Etat ne prend pas en considération les populations marginalisées et notre volonté est que cela change. Ce n’est que quand on pourra garantir le respect des droits humains fondamentaux que l’on pourra garantir une citoyenneté pour tous.

C’est pour cela que nous nous fédérons nos forces autour de ce programme, avec notre diversité, nos différences et nos ressemblances. Grâce au financement du programme, nous pouvons nous améliorer sur la gestion de nos projets, les RH, la communication etc. Etre réunis dans ce programme nous permet également de renforcer notre légitimité. Nous n’avons pas le choix : il faut que nous  réussissions et le programme est un très bon outil pour cela.

 

Pensez-vous pouvoir créer les conditions du dialogue avec les pouvoirs publics ? Est-ce un objectif ?

 

Ce programme est en effet pluri-acteurs : il associe des organisations de taille et de nature différentes et des institutions publiques. Si nous voulons rétablir les personnes dans leur dignité et retrouver les conditions d’un développement humain, social et économique, cela ne pourra passer que par un dialogue constructif entre nous et avec les autorités locales, régionales et nationales. Ces approches complémentaires sont une formidable richesse. Même si cela est parfois compliqué à piloter, c’est le gage de solutions pérennes, véritablement ancrées sur les attentes des acteurs et démocratiques !

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