Tunisie : pas question de baisser les bras

Alors que la Tunisie célèbre les 6 ans de sa révolution, le constat sur les inégalités et la désespérance de certaines populations reste accablant. Ce qui n’empêche pas de poursuivre activement le combat pour bâtir une société plus juste pour tous. Point sur le programme de lutte contre les inégalités porté par Solidarité Laïque et 56 organisations tunisiennes et françaises.

 

« Quand tu auras appris à désespérer, je t’apprendrai à vouloir » Pour nombre de jeunes et de démocrates de la jeune République tunisienne, c’est un peu à l’aune de cette sentence de Sénèque que se profilent les années à venir. Car, 6 ans après la révolution tunisienne, les jeunes, pourtant moteurs des mouvements sociaux de 2010 et 2011, restent sur leur faim. Malgré des libertés fondamentales globalement acquises, la situation économique et sociale de toute une génération ne s’est pas améliorée. Le chômage ou l’inactivité n’a pas reculé depuis 6 ans, plus de 35% des  jeunes sont chômeurs,  le constat allant parfois jusqu’à 50% dans les régions de l’intérieur. Le taux d’abandon scolaire progresse chaque année et concerne plus de 100 000 élèves par an. En manque de perspectives, une partie de cette jeunesse part vers la Syrie (la Tunisie est le 1er « exportateur »  de djihadiste), une autre tente la traversée de la Méditerranée qui termine souvent en tragédie. Sur place, le taux de suicide des jeunes n’a jamais été aussi élevé, la consommation de drogues de tabac en progression constante.

 

Soutenir la société civile dans son engagement

 
Pour autant, la désespérance ne gagne pas partout. Dans le cadre du programme Soyons actifs soyons actives porté par Solidarité Laïque et 56 organisations tunisiennes et françaises, des dizaines de projets se déploient dans les zones les plus démunies de la Tunisie, l’ouest et le centre du pays. Sont concernés les jeunes diplômés chômeurs (267 000 diplômés chômeurs), les femmes des campagnes sans droits sociaux mais corvéables à merci, les enfants des régions reculées et tous ceux qui restent sans emploi et sans perspective.

 

Au total, ce sont 3,7 millions d’euros sur trois ans qui sont déployés. « Le principe de ce programme de coopération est de soutenir la société civile tunisienne dans son engagement et ses initiatives au service du pays, souligne Guilhem Arnal, responsable géographique à Solidarité Laïque. Cela dans des partenariats rénovés avec les pouvoirs publics tunisiens,  car la société civile toute seule ne peut rien pour le pays. Et inversement, l’Etat sans la société civile ne peut bâtir du changement. »

 

Des projets pour réduire les inégalités

 
Concrètement, ce sont 16 projets qui ont déjà vu le jour et une quinzaine qui seront validés d’ici la fin de l’année : de la création d’une coopérative d’activités et d’emploi pour des diplômés chômeurs dans la région de Bizerte au développement d’activités socio-éducatives dans les écoles rurales de Kasserine, en passant par l’accompagnement éducatif et professionnel des femmes de Sidi Bouzid, les thématiques sont variées. Elles s’articulent autour de trois piliers, jugés fondamentaux pour la réduction des inégalités : l’éducation, la participation citoyenne, l’insertion socioprofessionnelle.

 

Quelques exemples en bref :

  • Le projet sur l’éducation inclusive mené par l’Organisation Tunisienne de Défense des Personnes Handicapées, avec l’appui du GREF et de la FSU qui vise à proposer au ministère de l’éducation tunisien des réformes sur l’éducation inclusive à partir d’expériences innovantes et réussies.
  • Le projet Elève et étudiants ambassadeurs de citoyenneté et des droits de l’Homme animé par le Tunisian Forum for Youth Empowerment en partenariat avec la Ligue de l’Enseignement qui va accompagner l’installation de clubs citoyens sur les droits de l’Homme dans la région de la Manouba
  • Le projet « vers une école rurale dynamique » de l’association Amal en partenariat avec les Francas visant le développement d’activités socioculturelles dans les écoles les plus démunies de la Tunisie dans le gouvernorat de Kasserine.
  • Le projet « Appui aux jeunes talents » de l’association Création, Créativité pour le Développement et l’Embauche en partenariat avec l’Institut Méditerranéen de Formation et Coopaname sur le développement d’entreprises sociales et solidaires dans la région de Bizerte.

 

Plus d’informations sur : www.actives-actifs.org

 

Avec Solidarité Laïque, soutenez des projets qui luttent contre les inégalités et font avancer la démocratie !  

 

Illustration : CC BY Scossargilbert

MOTS-CLES :

Suivez-vous sur les réseaux sociaux