Contre la radicalisation des jeunes : éducation et démocratie

La ville de Larache compte parmi celles du Maroc d’où partent le plus grand nombre de jeunes pour rejoindre Daech. L’association Maison familiale rurale s’est emparée du sujet. Reportage à l’occasion du Forum jeunesse, où un atelier sur la thématique était organisé.

« Au Maroc, la jeunesse est particulièrement touchée par le chômage, témoigne Mohamed, 25 ans. Nous sommes de plus très peu écoutés dans le débat politique ». Si cette situation socio-économique pèse lourd dans les motivations de ceux qui rejoignent Daech, le diagnostic effectué par l’association Maison familiale rurale à Larache avance aussi d’autres hypothèses : « le manque de connaissances et d’informations sur le contexte international joue un rôle important dans la radicalisation », assure Mustafa Lamrani, membre du Réseau Marocain de Jeunesse et de Concertation (REMAJEC) avec son association, la Maison familiale rurale.

Car à Larache, la réalité des jeunes n’est pas pire qu’ailleurs. Pourtant, près de 100 jeunes sont partis faire le Djihad, pour une population d’à peine 120’000 habitants. « J’ai été confronté au départ de l’un de mes anciens élèves quand celui-ci s’est retrouvé déscolarisé, raconte Mustafa. Il est rentré après quelques mois en prenant conscience de ce que c’était réellement et que ça ne correspondait pas à ce que les recruteurs faisaient miroiter. »

Salaire, statut, responsabilités, mission : pour des jeunes en quête d’identité, le projet vendu par Daesh est alléchant. « A Jerada, le Conseil de jeunes dont je fais partie organise des rencontres culturelles, explique Mohamed. On y débat, on apprend à coexister, on y construit nos libertés… La radicalisation naît aussi d’un différend avec l’ « autre » ; à travers le partage, on se protège. »

De son côté, la Maison familiale rurale s’appuie sur les familles pour repérer les jeunes susceptibles de partir. « Certains signes ne trompent pas : nouvelles fréquentations, déscolarisation, sommes d’argent sorties de nulle part… Nous menons ensuite des campagnes d’information et de sensibilisation pour que les jeunes prennent conscience de la réalité et les aidons à intégrer le monde du travail. »

Education aux médias, accès à l’emploi, connaissance du monde, participation à la citoyenneté sont ainsi des clés pour lutter contre l’obscurantisme de Daesh. Les actions du REMAJEC dans le cadre du programme JAD co-porté par Solidarité Laïque contribuent pleinement à ce projet. « Si on sauve les jeunes du point de vue économique, ils seront sauvés de la radicalisation. »

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