Droits de l’enfant : un long combat, toujours d’actualité !

A l’occasion des 25 ans de la convention internationale des droits de l’enfant, Solidarité Laïque revient sur les enjeux et les défis que les Etats, y compris la France, doivent relever.

Depuis l’adoption de la Convention, des progrès ont été enregistrés dans de nombreux pays : à l’échelle mondiale, cela va du recul du travail des enfants à l’essor de la scolarisation obligatoire, au report de l’âge de la pénalité à 18 ans en passant par le renforcement des systèmes de protection de l’enfance…

Toutefois, malgré la ratification, les Etats continuent de violer les droits de l’Enfant.

  • En France : 1 enfant sur 5 vit en situation de pauvreté, 40 000 jeunes par an sont mis à la rue par leurs parents vers l’âge de 16-18 ans
  • En Europe : 5,2% des enfants de moins de 16 ans travaillent en Italie, en Bulgarie des enfants peuvent aller jusqu’à travailler 10h par jour dans l’industrie du tabac…

 

Dans le monde :

  • 120 millions d’enfants vivent seuls dans un contexte global de montée de la pauvreté, des inégalités et de la violence ;
  • environ 6 enfants sur 10 âgés de 2 à 14 ans (soit 1 milliard) subissent des châtiments corporels par leurs proches
  • 57 millions d’enfants n’ont toujours pas accès à l’éducation. Autre phénomène récent : la Bolivie a rabaissé l’âge légal du travail de 14 à 10 ans !
  • Et la situation risque de s’aggraver avec les crises économique, écologique et sociale, dont les conséquences touchent en premier lieu les plus vulnérables : les enfants, principalement ceux des familles fragilisées, sans oublier ceux vivant dans les nombreuses zones de conflits.

 

Solidarité Laïque, engagée aux côtés des enfants

Alors il faut agir, toujours et sans cesse pour que non seulement les droits des enfants soient respectés partout dans le monde mais que de nouveaux droits puissent leur être reconnus.
En France comme à l’international, Solidarité Laïque porte un plaidoyer pour les droits de l’enfant et agit concrètement pour que leurs droits soient appliqués. Elle veille toujours à ce que la parole des enfants soit entendue et s’efforce de les impliquer dans ses programmes.

En France, elle co-coordonne avec DEI-France un collectif de plus de 50 associations, l’AEDE (Agir ensemble pour les droits de l’enfant) qui remettra en mars 2015 aux Nations Unies un rapport alternatif à celui de l’Etat sur l’application des droits de l’enfant en France. Les enfants et les jeunes y sont étroitement associés.

 

A l’international

  • Solidarité Laïque porte des programmes qui associent des dizaines d’acteurs liés à l’éducation : parents d’élèves, enseignants, représentants des pouvoirs publics. Cette dynamique permet de réaliser des projets concrets en faveur des enfants, de sensibiliser les populations aux enjeux de l’éducation et aux droits des enfants et de porter une parole efficace auprès des pouvoirs publics.
  • Elle soutient des centres éducatifs qui ont placé le respect des droits de l’enfant et la pédagogie active et coopérative (article 28 et 29 de la CIDE) au cœur de leur projet associatif. Ces centres accueillent des enfants provenant pour la majorité de la rue : orphelins de père ou/et de mère ou encore de parents handicapés. Ils leur permettent d’échapper aux dangers de l’exploitation sous toutes ses formes comme l’encourage la CIDE.
  • Par exemple, au Mali, le centre Jigya Bon, « la maison de l’espoir » scolarise des filles au sein d’un quartier défavorisé de Bamako. Elles échappent ainsi à l’insécurité de la rue, aux mariages précoces et à la prostitution.

 

Parce que tout enfant a droit à l’éducation, à une bonne santé, à vivre dans des conditions décentes, à une famille, au rêve, au jeu, au rire, tout un chacun est concerné et doit se mobiliser en faveur des droits de l’Enfant. Le combat n’est pas fini et il est nécessaire de faire reconnaître aux Etats signataires de la CIDE leurs responsabilités d’assurer la protection des enfants et d’y consacrer les moyens nécessaires !L’éducation et la sensibilisation aux droits de toutes et tous, auprès des garçons comme des filles, est selon nous le principal vecteur de respect des droits. Car, au-delà de l’acquisition des compétences élémentaires, l’éducation permet de changer les mentalités, d’acquérir de l’autonomie, d’apprendre sur ses droits, et est également le levier qui donne accès aux autres droits. L’éducation serait-elle l’arme la plus puissante pour changer le monde ?

 

4 points clés à retenir à propos de la Convention (Cide)

  • l’enfant n’est plus considéré comme un « objet » mais comme un « sujet », un être à part entière, perçu dans sa globalité, avec des droits.
  • 4 grands principes : la non-discrimination, l’intérêt supérieur de l’enfant, sa survie et son développement, sa participation et le respect de son opinion.
  • une valeur contraignante pour les Etats qui l’ont ratifiée . Ils doivent s’assurer de la compatibilité de leur législation nationale avec la CIDE et éventuellement émettre des réserves s’ils pensent ne pas pouvoir en respecter les articles…ce qui arrive malheureusement.
  • la création d’un Comité des droits de l’enfant a été constitué en 1991 pour surveiller l’application de la Convention par les Etats. Des experts indépendants examinent et émettent un avis sur les rapports transmis par les gouvernements tous les 5 ans

 

La CIDE en 7 dates

1878 : naissance de Januz Korczak, père fondateur des droits de l’enfant
1924 : adoption de la Déclaration de Genève par la Société des nations. Pour la première fois, des droits spécifiques aux enfants sont reconnus.
1948 : l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme reconnaît que l’enfance a droit à une aide et à une assistance spéciale.
1959 : adoption de la Déclaration des droits de l’enfant par 78 pays membres des Nations Unies.
1979 : année internationale de l’enfance
1989 : adoption de la « Convention internationale des droits de l’enfant ». Enfin !
1991 : création d’un Comité des droits de l’enfant qui surveille l’application de la Convention par les Etats. Des experts indépendants examinent et émettent un avis sur les rapports transmis par les gouvernements tous les 5 ans.

 

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