Homophobie, transphobie, biphobie : luttons contre toutes les discriminations !

Le 17 mai, journée internationale de lutte contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie, commémore la décision de l’OMS en 1990 de ne plus considérer l’homosexualité comme une maladie mentale. Si les mentalités ont depuis évolué, les personnes LGBTQI+ sont encore trop souvent victimes de discrimination et de violence dans leur vie quotidienne, dans leur famille, dans la rue, à l'école, au travail... Comme pour toutes les formes de discrimination, en parler c'est déjà lutter.

Combattre l’homophobie, la biphobie et la transphobie est un axe essentiel, au même titre que le combat que nous menons contre toutes les autres formes de discrimination, qu’elles soient raciales, religieuses, physiques, générationnelles ou autres. 

Trop de stéréotypes circulent encore sur les orientations sexuelles autres que l’hétérosexualité et les identités autres que “cisgenre”. La méconnaissance des personnes LGBTQI+ est bien souvent source d’incompréhension, de haine ou de violence physique et/ou verbale. Chaque parent, chaque enseignant.e, chaque employeur, nous toutes et tous, quelles que soient nos propres identités de genre ou orientations sexuelles, devons lutter contre les formes de stigmatisation, d’hostilité ou d’incitation à la haine envers les personnes LGBTQI+.

 

L’homophobie, la biphobie et la transphobie sont des atteintes aux droits fondamentaux.

 

Les stéréotypes et “normes sociales” liées au sexe et à la sexualité, les rôles et représentations assignés à la masculinité et à la féminité sont à l’origine de manifestations très diverses de sexisme, d’homophobie, de biphobie et de transphobie, dans des formes explicites (discriminations diverses, violences, injures, moqueries) ou en apparence anodines (stéréotypes, « blagues », remarques, etc.). Cette banalisation de la discrimination liée à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre isole et va jusqu’à tuer celles et ceux qui en sont victimes. 

 

69 pays sur 193 continuent de criminaliser l’homosexualité. 

Dans 11 pays, l’homosexualité est passible de la peine de mort. 

(ILGA World, 2020)

 

Au sein de Solidarité Laïque, notre raison d’être est de nous tenir présent.e.s, fort.e.s aux côtés de celles et ceux qui, souvent minoritaires, subissent le joug de l’injustice, le fouet d’une pensée majoritaire, les humiliations liées à leur “différence”. Nous nous voulons un refuge pour celles et ceux qui paient les conséquences des discriminations de toutes sortes. Nous sommes à ce titre aux côtés des femmes, des hommes, des personnes qui se réclament non binaires, pour défendre leurs droits et proclamer le respect que nous leur devons. Nous nous battons pour une société où la “différence” est une richesse et non une damnation. 

Une société vit par, et pour ses différences, il ne peut y avoir d’harmonie dans une symphonie bâtie sur une seule note. L’éducation, quelle que soit sa forme, doit avoir pour mission de favoriser la rencontre avec l’autre, l’empathie avec ce que chacun.e ressent, l’éclosion du respect pour ce qui n’est pas nous-même, même, et encore plus, si certaines choses échappent à notre entendement.

Les limites (refus de toute violence non consentie, de toute contrainte exercée sur l’un.e des partenaires, précautions sanitaires de base, refus catégorique de toute pression ou de tout acte ayant une connotation sexuelle sur un.e mineur.e) valent autant pour la majorité binaire hétérosexuelle de la population que pour les formes minoritaires de sexualité ou de non binarité. Pourtant, nous entend surtout parler de ces limites, à tort, quand il s’agit des minorités LGBTQI+.  

 

Au-delà du droit, l’identité !

 

Ces cruelles atteintes à l’intégrité des personnes, à ce qui fait leur chair et leur nature, à ce qu’elles ne peuvent ni ne veulent changer, sauf pour échapper à la violence physique ou verbale que la majorité se permet d’exercer contre celles et ceux qui ne vivent pas comme elle, ne croient pas comme elles, ne désirent pas comme elle. Ces violences atteignent jusqu’au tréfonds des êtres, causant des ravages que rien ne peut excuser.

Les règles et interdits religieux, culturels ou liés à une tradition ne devraient pouvoir s’exercer que sur la personne qui les invoque, sans prescrire des règles sociétales ou familiales. Il n’est qu’à penser au mariage forcé pour concevoir le malheur que ces règles provoquent : la violence physique ou verbale, sociale, familiale, communautaire qui l’accompagne, avant ou après l’âge requis pour rassurer le clan, ne tient pas compte de l’inclination des personnes. “L’ordre social ou familial” ainsi exigé est alors la seule voie d’issue pour nombre de personnes LGBTQI+ dans bien des sociétés.

Il y a celles et ceux qui parviennent à s’en accommoder et qui paient de leur capacité au bonheur, qui vivent dans une hypocrisie imposée par leur entourage ou la société et il y a les autres, qui sont poursuivi.e.s par leurs proches, insulté.e.s, nié.es, obligé.e de fuir, recourant trop souvent au suicide (5 à 7 fois plus de tentatives chez les adolescent.e.s homosexuel.le.s). 

 

Face aux discriminations liées à l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, l’éducation !

 

Ce n’est pas en limitant, en interdisant ou en caricaturant certaines pratiques que l’on protégera nos enfants. Nous devons assurer une éducation sexuelle pour toutes et tous afin que l’enfant sache reconnaître par lui-même un acte ou une parole exercée envers lui, qu’il sache se défendre, se soustraire, appeler à l’aide, mais aussi respecter les identités de genre et orientations sexuelles autres que les siennes. Le tabou de la parole est criminel ; il empêche toute forme de contrôle sur des situations délictueuses que l’on ne découvre parfois que des dizaines d’années plus tard, alors qu’elles ont créé d’importants dommages sur les victimes et leurs proches. 

Pour lutter contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, l’éducation est un levier fondamental, elle doit permettre d’être libre et respecté.e. Nous intégrons cette dimension dans tous nos programmes à travers le monde. 

 


 

Découvrez notre sélection d’outils pédagogiques pour lutter contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre, dès l’école primaire.

 

Il est essentiel de ne pas confondre les différentes terminologies : l’orientation sexuelle et/ou affective d’une personne n’est pas nécessairement en corrélation avec son identité de genre. 

L’orientation sexuelle et/ou affective est l’attirance sexuelle et/ou affective qu’une personne ressent ou non, généralement basée sur le sexe biologique et/ou le genre. L’identité de genre est le genre auquel une personne s’identifie ; elle peut tout à fait différer du sexe biologique. 

En savoir plus : https://cestcommeca.net/lgbt-def/ 

 

 

Suivez-nous sur les réseaux sociaux