Il y a urgence à éduquer contre le racisme

éduquer contre le racisme et les discriminations
Après des années de lutte contre le racisme, force est de constater que le chemin vers l’égalité reste encore long : certain.e.s citoyen.ne.s continuent d’être discriminé.e.s et les inégalités d’accès aux droits persistent. Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment agir ? À Solidarité Laïque, nous sommes convaincus que l’éducation à la citoyenneté et à la solidarité a son rôle à jouer pour s’attaquer à ce fléau.

En juin dernier, le Défenseur des droits alertait déjà : il y a une “urgence à agir” sur les discriminations liées aux origines. Le rapport chiffre les discriminations mais interpelle surtout sur un phénomène de “banalisation” du racisme en France. On parle également de racisme systémique : « Les discriminations ne sont pas le résultat de logiques individuelles, de quelques DRH qui refusent d’embaucher des personnes noires ou arabes. C’est tout le système qui est en cause, un système qui reproduit les inégalités », expliquait ainsi Jacques Toubon au Monde.  En effet, en France métropolitaine, l’origine réelle ou supposée constitue le deuxième critère de discrimination après le sexe. Discriminations au faciès, abus et violences policières, discriminations à l’emploi, à l’accès au logement, à la formation… 

 

Pourquoi devient-on raciste ? 

Le racisme désigne communément une attitude d’hostilité, allant du mépris à la haine, à l’égard d’un groupe humain défini sur la base d’une identité raciale ou ethnique (Réseau Canopé)

Comment en vient-on, au nom d’idées racistes, à bloquer le passage de notre frontière par des migrants et des réfugiés qui ont fait des milliers de kilomètres jusqu’à nous au mépris de toute humanité ? Comment accepter que des jeunes français voient leur insertion professionnelle compromise à l’embauche en raison de leur nom ou de leur adresse ? 

Car avant toutes les violences, il y a tout un mécanisme progressif et englobant dont les rouages restent encore à analyser et à déconstruire. Ils se mettent en place dès le plus jeune âge. Les médias qui surfent sur le buzz, les discours politiques, populistes, qui font de la xénophobie un argument électoral, peuvent contribuer à renforcer cet effet. L’histoire coloniale française a également instauré des rapports de domination entre des nations, et qui subsistent encore. Ces mécanismes racistes et ces rapports de domination peuvent être inconsciemment intériorisés, tant la société les a intégrés. Ils entraînent de véritables conséquences néfastes pour les personnes concernées : discriminations continues, jusqu’à des phénomènes de ségrégation et la perte de la cohésion sociale…

C’est au carrefour de la question sociale et de la question raciale que se cristallisent les peurs qui deviennent des rancœurs qui mènent à la xénophobie, à cette « brisure d’identité » qui érige des « clôtures identitaires » pour reprendre deux expressions de D. Sibony. 

Éduquer contre le racisme aujourd’hui et dès le plus jeune âge, c’est s’attaquer à des violences potentielles futures et surtout reconnaître le droit à la dignité de tous et l’égalité de tous les êtres humains ( art 1 de la DUDH). 

 

 

Enseigner l’Histoire commune

Alors comment s’attaquer au racisme ? Ce que l’on observe, c’est que le racisme est l’aboutissement d’un long processus, où la méconnaissance de l’histoire joue un rôle capital. Les violences policières et la “racialisation des pratiques policières” sont aujourd’hui le résultat d’un processus historique, comme le souligne l’historien et sociologue Emmanuel Blanchard, tout comme les rapports de domination instaurés par la France avec les pays de son ancien empire colonial, perdurent dans les imaginaires, dans une société devenue plurielle. Or comme on le sait, méconnaître ces histoires c’est empêcher des générations de se construire, de partager des récits communs et d’avancer.  

L’Histoire c’est aussi apprendre sur soi-même, sur son identité et celle des autres, et apprendre à se situer soi -même, et dans le monde. 

 

À découvrir : Une exposition pour comprendre les migrations et lutter contre les préjugés

 

En parler, c’est déjà déconstruire

Face aux discours de haine à l’égard des migrants, face à l’indifférence, comment agir ? Faire connaître les récits, les parcours de vie de “l’autre”, comprendre les raisons qui ont amené à quitter et parfois à fuir son pays… 

Mais aussi décrypter les informations, faire un travail d’analyse médiatique, s’autoriser d’autres sources, et travailler sur les idées reçues sont des processus qui permettent une déconstruction des préjugés que l’on s’est forgé et qui permettent aussi de développer esprit critique, justesse de la pensée et même empathie.  

 

Solidarité Laïque propose des outils pédagogiques pour s’attaquer à ces préjugés, dès le plus jeune âge. Car en parler, c’est déjà déconstruire. 

 

À découvrir : Des parcours virtuels sur la thématique des migrations et des parcours de réfugiés

 

La semaine d’éducation et d’action contre le racisme 

#TousUnisContreLaHaine. C’est le slogan de la semaine d’éducation et d’action contre le racisme qui a lieu tous les ans le 21 mars. L’idée ? Créer des événements, initiatives (de préférence dématérialisées) pour se mobiliser ensemble contre le racisme et les discriminations. 

Le 21 mars correspond à la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. En proclamant cette journée en 1966, l’Assemblée générale de l’ONU a engagé la communauté internationale à redoubler d’efforts pour éliminer toutes les formes de discrimination raciale.

 

Carole Coupez, Déléguée Générale adjointe à Solidarité Laïque

Jérémie Morfoisse, Directeur Opérationnel Education à la Citoyenneté et à la Solidarité Internationale

 

À découvrir : Une initiative sur le thème de la fraternité – Jouons la carte de la fraternité 2021

 

Découvrir les outils pédagogiques contre le racisme et les discriminations 

 

 

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