Le plaidoyer de Solidarité Laïque fait mouche !

Dans son Observatoire de la Coopération Educative, Solidarité Laïque pointe des incohérences sur la répartition de l’Aide Publique au Développement (APD) en matière d’éducation. Ses conclusions ont été relayées à l’Assemblée Nationale et au Sénat.

C’est en avril 2013, lors de la Semaine Mondiale d’Action célébrant la date anniversaire du Forum de Dakar, que Solidarité Laïque publiait un Observatoire de la coopération éducative française. Après avoir passé au crible la distribution de l’Aide Publique au Développement française consacrée à l’Education, Solidarité Laïque interroge la volonté réelle de la France à respecter ses engagements sur la période 2010-2015 : « contribuer à relever le défi de l’Education pour tous ». Voici en résumé ses principales conclusions.

 

72 % de l’Aide Publique au Développement consacrée à l’éducation sont affectés à l’enseignement supérieur contre à peine 11 % accordés à l’éducation de base. Pourtant, les Objectifs du Millénaire pour le développement comme que la stratégie française « Education Formation Insertion » donnent la priorité à la scolarisation primaire universelle et au renforcement du secteur de l’éducation de base.

57 % de cette aide est consacrée aux bourses et aux frais des étudiants étrangers (ou écolages) accueillis en France, ainsi qu’aux établissements français d’excellence, soit 5 fois le montant accordé à l’éducation de base. Autrement dit, la moitié de l’aide éducation initialement destinée à renforcer l’éducation des pays les moins avancés ne sort pas de France.

1,87 % de l’APD éducation est attribuée à la formation des enseignants et 2, 15 % à la formation professionnelle. Pourtant, il est établi qu’il faudrait recruter 1,7 millions d’enseignants supplémentaires dans le monde pour scolariser tous les enfants de moins de 15 ans d’ici à 2015.

0, 0066 % de cette aide sont accordés à la petite enfance (0-6 ans), soit une baisse de 99 % entre 2009 et 2011 !

Parmi les 10 premiers pays qui bénéficient de l’aide à l’éducation de la France, seuls 2 pays font partie de la liste prioritaire de la coopération française : le Sénégal et la Guinée. Et parmi ces dix pays, Wallis et Futuna, territoires d’Outre-Mer, figurent à la 7è place. Peut-on alors décemment parler de pays prioritaires en matière d’aide publique au développement ?

 

Education pour Tous : des conclusions qui dérangent

Largement diffusées auprès des élus et du gouvernement, ces conclusions ont rencontré une audience importante auprès des élus. A ce jour, Solidarité Laïque a ainsi généré 36 questions écrites à l’Assemblée nationale, et une au Sénat. Solidarité Laïque a aussi été reçue le 3 juillet dernier par le député M. Mancel, membre de la commission des finances et rapporteur spécial en charge de l’aide publique au développement. Les réponses apportées par le gouvernement, jugées incomplètes par Solidarité Laïque, feront l’objet prochainement d’un contre-argumentaire porté par le collectif.

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