L’éducation au Liban : quel est le problème ?

Les taux de scolarisation et de réussite scolaire au Liban approchent ceux des pays occidentaux. Pourtant, 3 enfants sur 4 fréquentent le privé, communautaire, et l’école publique est délaissée par l’Etat. Une réalité qui contribue aux inégalités, notamment face à l’afflux de réfugiés syriens.

Parité filles-garçons, taux de scolarisation avoisinant les 100 %, espérance de vie scolaire de 12 ans avec une grande majorité des jeunes qui fréquente le secondaire, … Sur le papier, l’éducation au Liban ne semble pas avoir de ratés. Pourtant, les chiffres masquent une bien triste réalité : celle de l’abandon de l’école publique au profit du privé, communautaire, favorisant ainsi les inégalités et les exclusions.

Abandon de l’Etat, d’abord, qui n’investit presque pas dans l’éducation. Sur le budget alloué, 90 % des financements vont aux maigres salaires des enseignants, laissant peu de fonds disponibles pour assurer la qualité des locaux ou du matériel. Ainsi, dans les zones les plus défavorisées, certaines écoles n’ont ni chauffage ni électricité pour offrir aux élèves des conditions de travail décentes.

Qui dit mauvais salaire dit aussi peu de qualification : 45 % des enseignants au Liban n’ont pas de diplôme universitaire et nombreux sont ceux qui ont été recrutés hors concours. Car les étudiants qui terminent leurs études avec de bons résultats délaissent l’enseignement pour des métiers mieux valorisés. Comment, dès lors, garantir la qualité de l’éducation ?

Abandon des parents, ensuite, qui ont perdu confiance dans l’école publique et ont choisi de placer leurs enfants dans les écoles privées, financées par les communautés. Si on peut difficilement leur jeter la pierre, il n’en reste pas moins que cette démarche contribue à déstabiliser l’école publique, gratuite et laïque, et de ce fait à fragiliser un vivre-ensemble déjà instable depuis la guerre civile.

A cette crise s’ajoute l’afflux massif de réfugiés palestiniens et syriens, qui représentent aujourd’hui un cinquième de la population libanaise. Sans moyens, ces familles n’ont d’autres choix que de placer leurs enfants à l’école des pauvres, l’école publique, qui s’efforce de les accueillir au mieux. Près de 765 000 enfants syriens sont aujourd’hui scolarisés dans le pays, mais 37 000 sont encore sur liste d’attente. Faute de place et d’encadrants pour les prendre en charge, les journées sont partagées en deux pour que les cours aient lieu en deux fois.

Soutenir l’école publique libanaise, c’est contribuer au vivre-ensemble sur le territoire, à la lutte contre les inégalités et le communautarisme. C’est faire de l’école laïque et gratuite une école de qualité pour toutes et tous. Les fournitures scolaires envoyées grâce à la Rentrée Solidaire représentent un soutien matériel important à des milliers d’enfants pour qu’ils aient tous les outils nécessaires à une éducation de qualité. Dès septembre, mobilisons-nous pour les écoliers du Liban !

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