Unesco : la crise sanitaire a aggravé l’exclusion scolaire dans de nombreux pays

Selon le Rapport mondial de suivi sur l'éducation (GEM) 2020 de l’UNESCO publié le 23 juin, 40 % des pays les plus pauvres n’ont pas réussi à assurer un accès à l’éducation pour tous pendant la crise du Covid-19. Cette exclusion est encore plus forte quand on examine les disparités qui sont dues aux questions d’origines, d’identité et de capacité.

On estime qu’aujourd’hui, moins d’un pays sur dix possède des lois qui contribuent à la pleine inclusion dans l’éducation. Le sexe, l’âge, le lieu, le handicap ou encore la pauvreté ont joué un rôle important dans l’accès à l’éducation pendant la crise du coronavirus. Pour Audrey Azoulay, directrice générale de l’UNESCO, “Repenser l’avenir de l’éducation est d’autant plus important après la pandémie de Covid-19, qui a encore aggravé et mis en lumière les inégalités.”  

Une continuité pédagogique difficile 

L’enseignement à distance n’est malheureusement pas une solution envisageable pour tous les pays du globe. Nous l’avions déjà fait remarquer dans une précédente tribune, “moins de 50 % des personnes ont accès à l’électricité en Afrique subsaharienne, et seulement 10 % dans certains pays comme le Tchad et le Burundi.” Ce rapport complète et nous apprend que parmi les 20 % de ménages les plus pauvres, seuls 7 % disposent d’une radio en Éthiopie et aucun n’a de télévision”. Dans ces conditions, il est impossible de parler d‘enseignement à distance. 

Des inégalités persistantes  

Un ancien rapport de l’UNESCO avait déjà mis en lumière les 100 millions de jeunes ne sachant pas lire en 2018. Aujourd’hui, on estime à 258 millions, le nombre d’enfants totalement privés d’éducation, la pauvreté jouant le rôle le plus discriminant. Ce quatrième rapport montre une persistance des inégalités en termes d’accès à l’éducation et révèle qu’aujourd’hui pratiquement aucune jeune femme pauvre vivant en milieu rural ne termine ses études secondaires dans une vingtaine de pays, la plupart situés en Afrique subsaharienne.  

L’horizon 2030 incertain 

Les 209 états membres des nations se sont engagés sur un cap à franchir en matière d’éducation d’ici à 2030, mais pour certains d’entre eux, le chemin est encore long. Ainsi, 117 autorisent encore le mariage des enfants, deux interdisent l’accès à l’école aux femmes enceintes et une vingtaine autorisent toujours le travail des enfants. La crise n’a fait que retarder les gouvernements, la réponse doit être forte afin de lutter efficacement contre l’exclusion scolaire. 

 

Lire le rapport complet sur le site de l’UNESCO

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