« Vous avez la parole » – refuser que la misère fasse taire

On donne rarement la parole aux plus exclus et eux-mêmes se sentent souvent peu légitimes à la prendre. A l’occasion de la Journée du refus de la misère, la section de la Ligue des droits de l’Homme de Toulon en partenariat avec le Comité du 17 octobre, leur a proposé de témoigner à travers des ateliers artistiques et d’écriture. Explications avec Christine Flori, présidente de la section.

Pourquoi avoir eu l’idée de proposer des ateliers d’écriture et artistique ?

Ces personnes qui vivent à la rue ou dans une situation précaire sont d’une grande richesse mais elles ont souvent eu des vies brisées, des histoires de rupture familiale et ne croient plus en elles. Ce peut être des mineurs non accompagnés, des personnes sans domicile. Avec ces ateliers, on leur démontre qu’elles ont des talents, des compétences et qu’elles savent s’exprimer dès lors qu’on leur rend l’accès à l’éducation et à la culture. Nous en sommes convaincus : l’éducation et la culture sont dues à toutes et à tous car elles sont constitutives des libertés fondamentales.

Comment ces ateliers s’organisent-ils ? 

A travers des ateliers de musique, d’ateliers d’écriture-création, environ 70 participants sont amenés tout au long de l’année à développer leurs savoirs, compétences, leurs talents aussi. Ce travail d’accompagnement, qui s’ajoute à l’accompagnement administratif social que nous leur apportons par ailleurs, leur permet de reprendre confiance en eux. Certains vont par exemple s’inscrire à des formations à l’issue de ces ateliers. Cette année, la situation sanitaire a compliqué l’organisation de ces ateliers. Le financement de Solidarité Laïque à travers PEPS*  a rendu possible la location de salle, indispensable pour pouvoir nous réunir pendant le covid. 

Les participants seront au coeur d’un événement festif lors de la journée mondiale du refus de la misère. Pouvez-vous nous en parler ?

A l’occasion de la journée mondiale du refus de la misère, le 17 octobre, les participants vont en effet pouvoir présenter leurs écrits et témoignages sur un estrade posée sur  le parvis des droits de l’Homme. L’idée  est de faire entendre la voix de celles et ceux qu’on n’entend pas. Ce sera  un moment fort et valorisant pour eux. Cette année, malgré la situation sanitaire, nous nous adapterons aux contraintes pour qu’il puisse avoir lieu dans de bonnes conditions.

Cette journée se déroule cette année dans un contexte de fort accroissement des inégalités, Qu’est ce que cela vous inspire ?

Les inégalités se creusent. On a l’impression que cette situation n’est pas prise en compte par les pouvoirs publics. Cela m’inquiète particulièrement en ce qui concerne le droit à l’éducation, notamment pour les enfants roms, les mineurs non accompagnés pour qui il est de plus en plus difficile de faire reconnaître ce droit. Le non-accès à l’éducation est la plus grande entrave qui existe pour ces personnes qui se retrouvent enfermées dans un cercle de pauvreté d’où elles ne parviennent pas à s’extraire. La lutte contre la pauvreté est heureusement fortement soutenue par les bénévoles des associations.

 

Christine Flori, Présidente de la Section de la Ligue des Droits de l’Homme de Toulon

 

 

 

La Ligue des Droits de l’Homme est membre de Solidarité Laïque. 

*Chaque année, le dispositif « Par l’éducation pour la solidarité » aussi appelé “PEPS” permet de soutenir des groupes locaux dans leur(s) action(s) de solidarité de proximité en direction des publics fragilisés. 

 

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