“Actuellement, les défis sur le marché de l’emploi au Bénin sont énormes”

Au Bénin, accéder au marché du travail devient de plus en plus difficile. Le contexte sanitaire, le manque de formations accessibles aux jeunes et la réticence des entreprises à embaucher font partie des nombreux défis que rencontrent les jeunes béninois au quotidien. Au LABIS de Porto-Novo, Fawaz Issa nous explique comment les formations proposées lui ont permis de gagner en compétences et de développer son activisme. Interview.

Comment as-tu entendu parler du LABIS ? Qu’est-ce qui t’a motivé à venir y suivre une formation ? 

Je m’appelle ISSA Fawaz, et j’ai connu le LABIS à travers leur page Facebook. Pour commencer, ma motivation à rejoindre le LABIS vient de la pertinence de la formation proposée. Et ensuite, c’est aussi le sérieux et le niveau d’engagement du LABIS aux côtés de la communauté qui m’ont finalement convaincu de m’y rendre.

 

Quelle formation as-tu suivi ? Qu’est-ce que tu attendais de cette formation ? 

J’ai suivi une formation sur la Photographie récemment au LABIS. D’abord, j’ai décidé de suivre cette formation pour ajouter une plus-value à mon activisme sur les Droits de la santé sexuelle et reproductive. Ainsi donc, j’ai nourri des attentes telles qu’apprendre les notions de base en photographie, les règles et réalités du métier de photographie. Et pour finir, je voulais à travers mes campagnes, pouvoir faire honneur au métier de photographe et surtout faire valoir ce que je fais au quotidien.

 

Quels sont les défis actuels sur le marché du travail béninois ? As-tu eu des difficultés à trouver du travail ?

Actuellement, les défis sur le marché de l’emploi au Bénin sont énormes. Entre autres défis, je peux énumérer le manque de disponibilité des formations de qualité, l’environnement qui ne favorise pas le développement et la promotion des entreprises et startup, ou encore le faible niveau d’innovation dans les initiatives de développement et de promotion des jeunes. J’ai en effet eu du mal à trouver un emploi stable. Sur ce, je ne condamne pas forcément les pouvoirs publics. Mais je tiens à attirer l’attention des parents par rapport à l’orientation des enfants. Notre système éducatif actuel ne nous permet pas de répondre à la question : Qu’est-ce que tu sais faire ?

 

Au Bénin, le chômage frappe particulièrement les jeunes : les 25-34 ans constituent 38,9% des chômeurs, dont 35,4% des femmes et 42,1% des hommes (Institut national de la statistique et de l’analyse économique, 2020)

 

Que souhaiterais-tu voir d’autre comme formations au LABIS ?

Les initiatives de formation sont à pérenniser au LABIS. Je pense à certaines thématiques qui ne feront que renforcer les compétences des jeunes:

  • le développement Web,
  • la communication digitale,
  • l’entrepreneuriat numérique,
  • les activités génératrices de revenus, etc.

 

Ce sont là, des thématiques qui peuvent apporter aussi un plus à la jeunesse Béninoise.

 

À propos du programme Compétences pour Demain déployé dans 6 pays d’Afrique de l’Ouest :

Confrontés à une instabilité politique, à un fort taux de chômage, les jeunes sont dans une situation très précaire. Dans un contexte de montée de la menace terroriste, il est urgent d’offrir à ces jeunes de meilleurs perspectives d’avenir. Le programme “Compétences pour demain”, qui succède à Top Eduq s’adresse aux jeunes des banlieues des grandes métropoles. Ces zones périurbaines que rejoignent les migrants régionaux sont sous-équipées en infrastructures éducatives et socio-éducatives. Elles cumulent de multiples facteurs d’exclusion qui conduisent parfois à des violences extrêmes.  C’est pourquoi Solidarité Laïque soutient des initiatives d’insertion professionnelle, d’éducation à la citoyenneté.

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