Droits de l’enfant : un levier pour une politique d’aide au développement plus efficace

A l’occasion de la Journée Internationale des Droits de l’Enfant, les ONG du Groupe Enfance de la Coordination Humanitaire et Développement (CHD), se sont mobilisées lors d’une conférence à l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques) le 16 novembre, pour rappeler la place centrale au même titre que l’écologie ou les questions de genre que doivent occuper les droits de l’enfant dans les politiques d’aides au développement.

 

L’OCDE, organisation internationale dont la mission est de promouvoir les politiques qui amélioreront le bien-être économique et social dans le monde, a accueilli au sein de son centre de conférences une table-ronde d’experts internationaux venus rappeler l’importance d’investir en faveur des droits de l’enfant pour atteindre les Objectifs de Développement Durable (ODD).

Placé sous le haut-patronage de Madame Catherine Colonna, Ambassadrice, Représentante Permanente de la France auprès de l’OCDE, le panel composé notamment  d’experts de l’OCDE, d’agences de coopération française et étrangères, du Comité des Droits de l’Enfant de l’ONU, d’ONG, du Child Policy Forum[1] a dressé un panorama de la situation des enfants dans le monde et interrogé la manière dont les droits de l’enfant peuvent être mieux intégrés dans les politiques de coopération et de solidarité internationale et faire l’objet d’une meilleure traçabilité dans les flux de l’aide publique au développement.

Rappelant que « les enfants ne peuvent plus attendre », Geneviève Avenard, Défenseure des enfants, adjointe au défenseur des droits et Déléguée de l’association des ombudspersons et médiateurs francophones était le grand témoin de cette table-ronde.

 

Si rien n’est fait dans le monde pour lutter contre les inégalités dès aujourd’hui, en 2030 :

167 millions d’enfants vivront dans l’extrême pauvreté

69 millions d’enfants de moins de 5 ans décèderont entre 2016 et 2030

60 millions d’enfants en âge de fréquenter l’école primaire ne seront pas scolarisés.

 

Cette situation n’est pourtant pas une fatalité, comme en témoigne l’exposition « Objectif enfance », exposée jusqu’au 1er décembre à l’OCDE et qui démontre que les droits de l’enfant sont un puissant levier vers l’égalité, le développement durable et la paix. Investir dans l’enfance, c’est investir dans un avenir meilleur. L’investissement dans la concrétisation des droits de l’enfant est reconnu comme efficace, efficient et permettant un retour social sur investissement élevé[2]. Ainsi, 1€ investi dans un programme de développement en faveur de l’enfance équivaut de fait à 6€ d’impact social.[3]

A l’issue de la table-ronde, les ONG du Groupe Enfance ont appelé les États membres de l’OCDE et notamment ceux du Comité d’Aide au Développement à :

  • Contribuer activement à une meilleure appropriation des droits de l’enfant par les États donateurs et récipiendaires de l’aide publique au développement, ainsi que toute partie prenante impliquée dans l’aide internationale, notamment au regard de son efficacité
  • Adopter une résolution au plus tard le 20 novembre 2019 assurant que les droits de l’enfant soient concrétisés d’ici 2030, échéance des Objectifs de Développement Durable, ceci notamment par des mécanismes de financement et de suivi adaptés.

Les ONG du Groupe Enfance établiront des recommandations écrites avant la fin de l’année pour qu’une résolution soit adoptée d’ici le 20 novembre 2019, date anniversaire des 30 ans de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.

 

 

 

[1] Programme complet des intervenants en pièce jointe

[2] Vers un meilleur investissement dans les droits de l’enfant, 2014, Conseil des droits de l’Homme, et Investir dans l’enfance

[3] Source : Etude SOS Villages d’Enfants International, réalisée par le Boston Consulting Group et The Research Base, juin 2015.

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