Haïti : portrait de femme

Militante de Solidarité Laïque, Janine Bardonnet a permis la mise en place de nombreux projets éducatifs en Haïti. Si, à 83 ans, elle n’y retourne plus, son engagement reste total.

Joindre Janine Bardonnet n’est pas chose facile. Quand elle n’est pas en Creuse à mettre son énergie au service de Solidarité Laïque et d’Haïti, elle est dans le Morvan à se battre pour sauver de la ruine le bâtiment de l’école de hameau qu’elle fréquentait petite.

 

Encore aujourd’hui, à 83 ans, l’école, c’est toute sa vie. Elle y a consacré sa carrière comme directrice d’école normale à Carcassonne puis aux Batignolles à Paris ; elle y consacre sa retraite avec une ferveur intacte. La rencontre avec Solidarité laïque était inévitable…

 

Ne pas faire à la place des gens

A Solidarité Laïque, au fil des ans, elle a piloté plusieurs projets. En Europe de l’est tout d’abord, mais surtout, en Haïti. « J’y suis allée pendant 15 ans, à raison de trois ou quatre fois par an. » Le premier projet a consisté en un soutien à la formation des maîtres du primaire dans le département de la Grand’Anse, dans un cadre méthodologique clair, celui de Solidarité laïque, auquel Janine « adhère à 100 % » :

« Si nous sommes allés là-bas, c’est à la demande des enseignants haïtiens. Un des grands principes de Solidarité laïque, c’est de ne pas faire à la place des gens. Je pense à la tête que nous ferions, si des Allemands ou des Anglais venaient s’installer chez nous pour bâtir nos écoles ! Notre grand souci est de définir toutes les étapes des projets avec ceux qui sont concernés. Et, même si ce n’est pas simple, toujours dans le dialogue avec les autorités de tutelle. Solidarité laïque est connue pour ça dans ce pays où tant d’associations viennent déposer leur petit bienfait sans en référer et sans suivi. Où va-t-on comme ça ? Pas vers le développement d’Haïti, mais son assujettissement aux dons !  »

 

Des idées ingénieuses au service de projets qui font sens

Au projet initial s’en est adjoint un autre, de réouverture d’un lycée professionnel haïtien. « Avec les professeurs, nous avons rééquipé ce lycée en ateliers pour les métiers du bâtiment et avons défini les contours d’un diplôme d’Etat en accord avec la direction de la formation professionnelle haïtienne.  » Ingénieuse idée qui permettait de coupler la formation professionnelle avec la restauration et la construction d’écoles. « Notre chef-d’œuvre a été la construction d’une école de 12 classes, à Jérémie, le chef-lieu du département de la Grand’Anse  ». Puis, les initiatives ont continué. Les liens d’amitiés noués entre Janine Bardonnet et l’inspecteur d’académie, Gérard Apollon, ont par la suite débouché sur la construction d’un foyer pour enfants des rues, à Roseaux, toujours dans la Grand’Anse. Le projet a même été étendu pour installer l’eau potable l’an dernier dans tout le village.

 

Créer des liens forts et durables

Si Janine Bardonnet ne retourne plus en Haïti, elle sait que la relève est assurée. L’essentiel, selon elle, ce sont « les projets à la fois ambitieux dans leurs objectifs, mais modestes en ce qu’ils nécessitent d’y travailler pendant des années comme de vrais tâcherons, dans un lieu bien déterminé où l’on va créer des liens forts et durables avec nos partenaires. »

 

Besoins : 23 000 €

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