Les Céméa aux côtés des jeunesses euro-méditerranéennes

Les Céméa font partie du collectif de Solidarité Laïque. Retour sur les actions conduites auprès des jeunesses euro-méditerranéennes avec Isabelle Palanchon, responsable International aux Céméa et le témoignage vidéo de Romain Renaud des Céméa Pays de la Loire engagés en Tunisie.

Pourquoi les Céméa sont-ils impliqués auprès des jeunesses méditerranéennes ?

Les politiques de l’UE sont ambiguës : elles ont affiché un soutien aux sociétés civiles après les mouvements démocratiques de 2011 dans ces régions mais en même temps, les frontières se ferment. Pour nous, l’éducation à la citoyennet internationale est un vecteur d’éducation à l’altérité, de dialogue interculturel et de renforcement mutuel. La mobilité des jeunes notamment du côté Sud de la méditerranée et cette coopération entre société civile est un enjeu de solidarité et pose la question de l’accès aux droits pour tous.

 

Dans ce contexte, que peut apporter cette coopération entre le Nord et le Sud ?

Les associations au Maghreb vivent des situations politiques qui les mettent dans des situations de précarité et de fragilité. D’où l’importance pour elles d’avoir des liens avec des acteurs de la société civile en dehors de leur territoire, d’être accompagnées pour construire une capacité d’agir. Mais l’urgence est des deux côtés de la Méditerranée, même si les conditions sociales et humaines ne sont pas comparables en Europe et au Maghreb. Nous avons besoin de nous soutenir entre associations portant les mêmes valeurs pour renforcer la vie démocratique.

 

Quelle forme prend l’engagement des Céméa ?

Les Céméa ont choisi la formation comme vecteur de transformation sociale. En effet, la formation des cadres associatifs par exemple touche à la fois le rapport à l’autre, le projet de vie, les questions de vivre ensemble et de démocratie. Une formation d’animateurs socio-culturels, permettra de croiser la question des loisirs, de l’éducation non-formelle, la capacité à construire des méthodologies avec les partenaires…. La formation des cadres associatifs et des travailleurs de jeunesse est à nos yeux une clé pour soutenir la structuration de la société civile. Nous soutenons aussi les projets de mobilité, car ils permettent la connaissance mutuelle, la mise à distance de sa propre situation pour être en capacité d’élaborer une stratégie d’actions. Les projets de volontariat sont également un vecteur important pour l’engagement des jeunes, le rapprochement des réseaux associatifs et le renforcement des liens entre les associations des deux rives.

 

Dans le contexte post-attentats, quel peut être le rôle des mouvements d’éducation populaire, et plus largement, du collectif Solidarité Laïque ?

Ces associations n’ont pas attendu ces tragiques évènements pour contribuer à l’éducation à la citoyenneté et à la laïcité des personnes avec lesquelles elles travaillent. Les Céméa continuent de s’appuyer sur leur expérience dans les projets nationaux et internationaux, pour développer des actions d’éducation à l’altérité, de lutte contre les stéréotypes et les préjugés, des actions d’éducation à la citoyenneté mondiale. C’est une façon d’accompagner les personnes dans leur perception du monde et leur compréhension des évènements internationaux. Plus largement, le réseau de Solidarité Laïque permet de travailler, de réfléchir avec des acteurs de cultures différentes issus de tous les continents. Il permet de mobiliser les ressorts du « vivre ensemble »

 

Les CEMEA s’impliquent auprès des jeunesses méditerranéennes

Les Ceméa coopèrent avec des partenaires du pourtour méditerranéen en Palestine, en Egypte, au Liban, au Maroc, en Tunisie et en Algérie. Accueil et envoi de volontaires de et vers les pays euroméditerranéens, coordination et animation d’échanges de jeunes, formation de travailleurs de jeunesse à l’encadrement de séjours, organisation de séminaires … les actions sont nombreuses et visent à vise à valoriser la place de l’éducation non formelle dans le dialogue interculturel et la solidarité internationale.L’implication des CEMEA dans le programme Soyons actives actifs et le PCM participent de cette dynamique. En janvier 2013, ils ont ainsi accueilli un groupe de travail franco-tunisien en janvier 2013 qui a posé les bases de notre implication dans ce programme. Aujourd’hui, nous formons des cadres associatifs à Gafsa, une région où la culture et la jeunesse ont été oubliées depuis des années.

 

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