Se former au contact de l’Autre

Le Programme Éducatif de Solidarité Internationale favorise les échanges entre de jeunes enseignants du Nord et du Sud. Dimitri Arcis, enseignant en formation et boursier de ce programme, raconte son aventure. Interview.

Pouvez-vous nous expliquer votre projet ?

Nous étions trois futurs enseignants à l’Espé de Bretagne.Carole Berthod et Mathilde Urien voulaient faire un stage en rapport avec la musique. Pour ma part, la correspondance entre des classes de pays différents me tenait à cœur. Le PESI nous a donné l’ambition de rassembler nos idées en un projet, “Notes de correspondance”.
Notes de Correspondance a mis en relation une classe hongroise et une classe sénégalaise grâce à des instruments de musique. Mathilde en Hongrie, et Carole et moi dans la banlieue de Dakar, avons proposé dans des classes des animations sur lesquelles les élèves réagissaient en musique. Les vidéos étaient ensuite échangées et un partage se faisait autour de ces créations. Le recours aux instruments a transformé les élèves : ce qu’ils n’arrivaient pas à dire, ils le communiquaient avec des instruments avec une créativité incroyable !

 

Quels retours vous ont fait les enseignants ?

L’enseignant qui m’accompagnait, Ousmane Sane, a été surpris de cette méthode pédagogique et des résultats que nous avons obtenus. Je pense que cette expérience lui a fait redécouvrir ses élèves et la possibilité de sortir du cadre des cours magistraux. Au Sénégal, les élèves ne sont pas encouragés à s’exprimer ou à poser des questions. Il a découvert qu’une pratique moins formelle pouvait favoriser les interactions entre élèves. L’expérience de Mathilde a été différente. Les élèves étaient curieux de la vie de leurs camarades sénégalais et posaient plus facilement des questions sur ce pays et les coutumes des habitants.

 

Que vous a apporté le PESI ?

Du recul par rapport à ma formation. A l’Espé de Bretagne, nous apprenons deux choses : polyvalence et adaptabilité. Ces deux qualités, je les ai trouvées là-bas. Au Sénégal, les instituteurs doivent faire face à des conditions d’enseignement difficiles : classes en sureffectifs, peu de moyens et de matériels à leur disposition, etc. J’ai vu comment Ousmane redoublait d’astuces pour transmettre son savoir avec le peu de matériel qu’il avait à sa disposition. Il a également pris le temps de nous faire découvrir sa culture. Ce regard extérieur que chacun porte sur la pratique de l’autre est une richesse. Au final, je dirais que cela a été une belle aventure humaine et une expérience formatrice !

 

Le PESI : pour favoriser la coopération éducative Nord-Sud

Depuis 2005, le Partenariat Educatif de Solidarité Internationale (PESI) apporte une aide et un accompagnement aux projets de coopération éducative entre Nord et Sud. 20 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine participent à cette démarche qui s’adresse aux futurs et nouveaux enseignants.

L’objectif : mettre en lien de jeunes enseignants de différents pays pour leur permettre d’échanger et d’apprendre les uns des autres. Ce partage d’expérience participe de l’enrichissement pédagogique et de la mise en œuvre de pratiques professionnelles plus conscientes.

Vous êtes étudiant/e/s en enseignement ou nouvellement enseignant/e/s ? Les échanges avec des enseignant/e/s du monde entier vous intéressent ? Le PESI est fait pour vous !
Envoyez votre dossier à l’adresse suivante avant la fin novembre :
PESI – Carole Coupez – Solidarité Laïque 22 rue Corvisart 75013 Paris

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