Une jeunesse dans l’impasse se révolte

Voilà un mois, en Tunisie, la jeunesse de Kasserine se révoltait. Retour sur ces événements avec Monia, militante dans l’association Amal qui travaille sur l’amélioration de l’école rurale et Aymen, militant dans une association de diplômés chômeurs qui œuvre pour l’emploi. Tous deux sont membres du programme Soyons Actifs/Actives.

« Les manifestations qui se déroulent à Kasserine sont une correction nécessaire à la révolution de 2010, affirment Monia et Aymen. Les gouvernements successifs portent des coups qui peuvent être fatals à la révolution dont l’emploi, la liberté et la dignité en sont les trois fondements. Les jeunes qui sont descendus dans la rue l’ont fait pour appuyer la Constitution et dénoncer l’absence de mesures concrètes pour une région qui reste abandonnée de tous.

Le dénigrement des manifestations pacifiques, les accusations de casse alors qu’il n’y a eu aucune dégradation, l’attitude hostile des média donnant la parole à des invités ne représentant absolument pas la société civile active sont autant de sources supplémentaires de mécontentement.

La corruption touche aussi bien les structures du gouvernorat que ceux de la municipalité ou du principal employeur, le complexe de cellulose et de pâte d’alfa, empêchant ainsi tout espoir de développement. Face au mécontentement, la réponse de l’Etat n’est pas de guérir le mal, mais de le calmer. Il incite les jeunes à devenir des auto entrepreneurs, mais comme la banque tunisienne de solidarité exige une garantie pour consentir un prêt, cela devient impossible. Les grandes promesses se limitent à des effets d’annonces.

La situation catastrophique qui a conduit au mouvement se poursuit par la grève de la fin de 13 manifestants. »

 

Pour en savoir plus : Soyons Actifs/Actives soutient le tissu associatif de cette région et appuie les projets que portent ces associations dans le champ de l’éducation et de l’insertion socioprofessionnelle.

MOTS-CLES :

Suivez-vous sur les réseaux sociaux