Liban : élèves et enseignants mobilisés pour une société inclusive

Au Liban, ¼ de la population est syrienne. Cette situation attise les tensions dans un pays déjà fortement communautaire. Dans les écoles publiques, des enseignants agissent au quotidien pour favoriser la paix et l’ouverture à l’autre. Lumière sur un projet d’éducation humaniste dans la région de Nabatieh.

« Dans cette école élémentaire, il y a 100 élèves syriens pour 250 élèves libanais. Accueillir tous ces élèves est un défi car nous n’avons pas toujours les moyens et pourtant, c’est essentiel que chacun puisse trouver sa place dans sa classe et dans la société. C’est à cela que servent cette pédagogie participative, ces ateliers d’expression qui luttent contre les préjugés, qui créent du lien et rapprochent les enfants. Quand ils jouent ensemble dans la cour, c’est déjà une grande satisfaction ! » explique Mountaha Chouik, enseignante itinérante dans plusieurs établissements publics dans le sud du pays. Cette situation reflète la particularité d’un pays marqué par de fortes migrations syriennes et un enjeu d’intégration sociale fondamental. Dans un système éducatif saturé et un pays très communautaire, des enseignants se battent au quotidien pour que les jeunes, qu’ils soient libanais ou syriens, fassent de leurs différences culturelles une force et une ouverture sur l’autre.

 

« Dans ma classe, les Libanais ont du mal à échanger avec les syriens »

 

Pour mettre en place des ateliers d’expression et de sensibilisation à la citoyenneté, cette enseignante s’est appuyée sur l’association Tadamoun Wa Tanmia qui depuis 30 ans intervient, avec le soutien de Solidarité Laïque, dans les écoles publiques libanaises auprès des enfants pour contribuer au « vivre ensemble ». Porter les valeurs de fraternité, de solidarité, accompagner ces enfants à vivre et s’épanouir ensemble, c’est l’objectif ambitieux de l’association. « Il faut inviter les enfants à s’ouvrir, s’exprimer et questionner leur environnement social. L’école et les activités parascolaires ont un rôle essentiel à jouer auprès des jeunes » explique Joseph Tohmé, fondateur de l’association. Soutenir l’école publique au Liban, c’est contribuer au vivre-ensemble sur le territoire, à la lutte contre les inégalités et à enrayer le communautarisme.

 

« La fraternité se construit grâce aux nouvelles générations »

 

« Pour accompagner et aider les jeunes à se respecter et à s’ouvrir à l’autre, des travaux de groupe ont été mis en place. Ce qui est important, c’est que les élèves s’expriment, qu’ils exercent au mieux leur sens critique. Et c’est essentiel qu’ils le fassent dans un cadre neutre, en dehors de leur structure familiale. A travers ces ateliers participatifs, ils se rendent compte qu’ils font partie d’une société dans laquelle ils prennent position et s’engagent les uns avec les autres. J’encourage aussi les élèves libanais et syriens à se rendre mutuellement visite, dans le cadre familial, pour travailler à plusieurs. Cela a des répercussions très positives sur les mentalités et les préjugés que peuvent entretenir certaines familles envers la population syrienne. Cette cohésion sociale, cette fraternité se construit grâce aux nouvelles générations, les enfants deviennent ambassadeurs de citoyenneté » conclut l’enseignante.

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