Journée mondiale des réfugiés : le respect du droit international n’est pas une option !

Solidarité Laïque rend hommage à la force et au courage des millions de réfugiés dans le monde et dénonce la réponse purement sécuritaire apportée par les gouvernements, européens et français notamment, aux enjeux migratoires. Tribune de Roland Biache, Délégué général de Solidarité Laïque

Commémorer la journée mondiale des réfugiés a quelque chose d’ironique tant le contexte, avec le projet de loi asile-immigration actuellement examiné au Sénat, tend à considérer les personnes migrantes comme des « indésirables ».

 

De l’oubli plus ou moins volontaire de notre Histoire…

Mais cette journée, c’est aussi l’occasion de se rappeler, qu’il y a de ça 50 ans, le plus grand nombre de réfugiés était… européen ; 60 millions de personnes ont en effet fui, entre 1939 et 1945, les horreurs de la guerre : déplacements de Belges, d’Allemands ou d’Espagnols en France, de Polonais en Allemagne… ; l’arrêt de la guerre n’a pas stoppé les mouvements, puisqu’un grand nombre de personnes ont par la suite fui les dictatures qui se sont instaurées en Europe et ailleurs.

C’est dans ce contexte qu’est née la Convention de Genève de 1951, pour protéger ceux et celles qui migrent. La Convention s’est par la suite internationalisée.

 

“Liberté, égalité, fraternité… mais pas pour tous” ?

Devrions-nous rappeler, une fois de plus, que les migrations font partie de l’histoire de l’humanité ? Nous avons tous et toutes été migrant(e)s. Au regard du langage utilisé par une partie de la classe politique, des mesures liberticides figurent dans le projet de loi.

Comment se targuer encore d’être le “pays des Droits de l’Homme” ? Comment encore faire référence à notre devise Liberté, Egalité Fraternité, lorsqu’on considère que le droit d’asile n’est pas inconditionnel, qu’on ne parle pas d’êtres humains, mais de “flux à contenir” ?

Solidarité Laïque s’inquiète de la situation de très nombreux enfants, isolés ou non, qui faut-il le rappeler à nouveau, sont d’abord des enfants relevant de la Convention internationale des droits des enfants (CIDE) que la France a ratifié avant d’être des étrangers.

Solidarité Laïque souhaite rappeler que le respect du droit international et de la dignité humaine ne sont pas des options. La criminalisation constante des personnes migrantes est insupportable !

 

Dans ce contexte, imaginer trouver les solutions en fermant les frontières relève de la démagogie politique et de l’irresponsabilité. A contrario, personne n’affirme que c’est chose aisée que d’accueillir l’Autre car l’accueil de l’Autre ne saurait être ni tolérance aveugle, ni intolérance peureuse, c’est avant tout un acté démocratique répondant à un humanisme exigeant.

 

Il est temps de remettre les droits au centre de l’approche des questions migratoires.

 

Roland Biache, Délégué général de Solidarité Laïque

 

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