Au Burkina Faso, l’éducation prise pour cible

Samedi dernier, 7 collégiens ont perdu la vie dans un attentat visant un bus scolaire. Les attentats perpétrés par les groupes terroristes deviennent monnaie courante et ciblent particulièrement l’éducation.

Samedi 4 janvier, l’horreur a de nouveau frappé le Burkina Faso. Un car scolaire, à destination de la ville de Tougan dans le Nord du pays, a explosé en roulant sur un engin artisanal. 7 collégiens sont décédés dans l’attaque. Alors que la fin de l’année avait déjà été marquée par des attentats particulièrement meurtriers, celui-ci rappelle que l’éducation est une cible privilégiée des groupes terroristes. 

 

Enseigner, un risque quotidien

Au Burkina Faso, aussi appelé “pays des hommes intègres”, enseigner dans certaines zones est devenu une prise de risque quotidienne. Les enseignants se voient reprochés par les terroristes d’enseigner en français et non en arabe. En mars 2019, deux enseignants avaient été enlevés et exécutés dans le Nord du Burkina Faso. Pour les enseignants qui résistent, beaucoup vont enseigner la peur au ventre, et ils sont de plus en plus nombreux à renoncer à exercer leur mission. Quant aux parents, la peur d’exposer leurs enfants à des risques mortels les conduit à garder leurs enfants à la maison.

 

Les jeunes déscolarisés, “ une bombe à retardement “

Le ciblage délibéré des écoles se généralise dans la région [du Sahel], privant les enfants de leur droit d’apprendre et les laissant – ainsi que leur communauté – craindre pour leur vie et leur avenir. ” (Rapport 2017 UNICEF L’éducation en péril en Afrique de l’Ouest et centrale). Burkina Faso, Mali, Niger, dans cette région du Sahel, les fermetures d’écoles attribuables à la menace terroriste ont triplé depuis 2017.

 

2000 écoles ont fermé leurs portes

Au Burkina Faso,  2 000 écoles ont fermé leurs portes laissant 330 000 élèves déscolarisés. Cela place des générations dans une situation particulièrement vulnérable à l’égard des groupes terroristes. Pour certains enseignants, “ces jeunes déscolarisés sont une bombe à retardement”. 

 

Eduquer pour bâtir la paix

Le rapport de la Coalition EducationRelever les défis de l’éducation dans un Sahel en crise” souligne l’importance de l’éducation pour la paix : “ Il s’agit de développer une éducation à la paix, ouvrant sur l’autre et le monde ainsi que sur le fonctionnement des institutions, y compris religieuses. Il est en effet fondamental de favoriser l’acquisition de capacités critiques et de compétences psychosociales permettant de déconstruire les raisons ‘historiques’ ou religieuses invoquées par les groupes radicaux (CNESS, 2018). “

Dans un pays sujet aux tensions comme le Burkina Faso, promouvoir une éducation laïque et de qualité pour toutes et tous est un combat porté par Solidarité Laïque. Pour Pierre Sawadogo, “ Face aux défis sécuritaires, l’Education reste un des leviers majeurs pour la construction de la paix durable et du vivre-ensemble dans nos communautés”, estime Pierre Sawadogo, Directeur de l’antenne Solidarité Laïque Afrique de l’Ouest. c

 

Redonner des perspectives d’avenir aux jeunes

Confrontés à une instabilité politique, à un fort taux de chômage, les jeunes sont en effet dans une situation très précaire. Dans ce contexte de montée de la menace terroriste, il est urgent d’offrir à ces jeunes de meilleurs perspectives d’avenir. Le programme “Compétences pour demain” déployé par Solidarité Laïque, avec le soutien de l’Agence Française de Développement, s’adresse aux jeunes des banlieues des grandes métropoles. Ces zones périurbaines que rejoignent les migrants régionaux sont sous-équipées en infrastructures éducatives et socio-éducatives. Elles cumulent de multiples facteurs d’exclusion qui conduisent parfois à des violences extrêmes. C’est pourquoi Solidarité Laïque soutient des initiatives d’insertion professionnelle et d’éducation à la citoyenneté.

 

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