Haïti : la jeunesse se révolte

Les manifestations se font de plus en plus violentes en Haïti pour réclamer le départ de Jovenel Moïse, chef de l’Etat, accusé de corruption. Les jeunes, notamment ceux issus des quartiers pauvres, portent cette féroce contestation violemment réprimée. La colère est à la hauteur de la crise que traverse Haïti.

Sept personnes ont dores et déjà trouvé la mort dans les manifestations qui se déroulent depuis plus d’une semaine et paralysent l’activité économique d’Haïti. Premières victimes de la précarité, du chômage, des catastrophes climatiques, les jeunes issus des quartiers pauvres manifestent massivement. Face à cette mobilisation massive, le gouvernement haïtien semble incapable de trouver les réponses et réprime sévèrement. Comment expliquer ce mouvement de contestation ?

 

Des conditions de vie devenues insoutenables

Les causes de la contestation sont multiples et trouvent notamment leur origine dans la crise économique que traverse le pays. L’été dernier, le prix du carburant a augmenté soudainement entraînant une première vague violente de contestation. S’en est suivie une augmentation des prix des denrées essentielles comme le riz. L’inflation a augmenté de 15%. Pour beaucoup d’haïtiens, la situation est devenue insoutenable. Parmi tant d’autres secteurs délaissés, le système éducatif haïtien ne parvient pas à relever le défi de l’éducation pour tous : incapacité à proposer une éducation de qualité à tous les haïtiens, manque de formation des enseignants… Et pour les haïtiens formés, beaucoup d’entre eux peinent à trouver du travail. Cette situation pousse de nombreux jeunes haïtiens à émigrer aux périls de leur vie.

 

L’« affaire PetroCaribe », un scandale de corruption touchant la classe politique en Haïti

Les raisons de cette colère en Haïti sont également politiques. Est reprochée aux six gouvernements successifs en Haïti une gestion hasardeuse des fonds prêtés à Haïti par le Venezuela. Un rapport le 4 février a notamment fait éclater au grand jour ce scandale touchant la classe politique. Depuis quelques jours, les haïtiens réclament la démission du chef de l’Etat actuel.

 

Des mesures d’urgence

Le gouvernement actuel semble incapable de calmer les contestations. Après dix jours de crise, le premier ministre haïtien, Jean-Henry Céant a annoncé des mesures économiques d’urgence. ” Ces dernières n’ont pas été bien accueillies par la population. Les haïtiens commencent à sentir les conséquences de cette crise qui s’enlise : flambée encore plus conséquente des prix, routes bloquées qui rend très difficile l’accès à la nourriture, aux soins.. Les écoles sont fermées en Haïti depuis 11 jours. ” commente Junior Mercier, coordinateur national et représentant de Solidarité Laïque en Haïti.

 

Plongé dans une grave crise économique et politique, Haïti est régulièrement confronté aux catastrophes naturelles qui fragilisent encore plus le pays. Permettre à tous les jeunes d’accéder à une éducation de qualité compte parmi les réponses à apporter à cette crise politique et économique que traverse Haïti. “ Le travail d’accompagnement de la jeunesse représente un levier de changement et d’innovation sociale “, souligne Daniel Aristil,membre d’une association de jeunes de la Grand’Anse, partenaire de Solidarité Laïque.

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