Langue, diversité culturelle et éducation pour tous

Plus de 43% des quelque 6 700 langues parlées dans le monde sont menacées de disparition (données de l'UNESCO). Or, chaque langue est étroitement liée à une culture. Lorsqu’une langue disparait, c’est donc tout un patrimoine culturel qui meurt avec elle. La journée internationale des langues maternelles est l'occasion de rappeler l'enjeu de promouvoir toutes les langues.

Quand des langues sont minorisées, dévalorisées ou interdites, ce sont non seulement les cultures qu’elles véhiculent qui sont mises en danger, mais aussi des locuteurs, êtres sociaux, dont les droits fondamentaux sont bafoués. A l’occasion de la journée internationale de la langue maternelle, il est donc urgent de rappeler les enjeux liés à la défense et à la promotion de TOUTES les langues.

 

De la nécessité de préserver la diversité linguistique et culturelle

 

On considère, en moyenne, qu’une langue meurt tous les quinze jours dans le monde. Or, lorsqu’une langue disparaît, ce sont toutes les valeurs et tout le patrimoine que véhiculait cette langue qui s’éteignent avec elle : des histoires, des imaginaires, des manières de dire et de penser le monde, des façons d’interagir avec l’Autre ou encore des systèmes de pensée.

Pour éviter l’homogénéisation appauvrissante du monde, pour éviter que les principales langues à rayonnement international ne nient ou « mangent » les langues minorées, il convient donc non seulement de défendre et promouvoir « les langues en danger », mais aussi de respecter et faire respecter le droit de chacun à vivre, s’épanouir et être scolarisé dans sa langue maternelle, quelle qu’elle soit. 

A ce sujet, découvrez le projet de film documentaire “J’apprends si je comprends” porté par Solidarité Laïque.


 

De la nécessité d’introduire les langues maternelles des enfants à l’école

 

Actuellement, plus de 40 % de la population mondiale est contrainte d’apprendre à lire, écrire et compter dans une langue qui lui est étrangère.

En effet, malgré les textes et déclarations internationales en faveur de la valorisation des langues maternelles des enfants à l’école (voir l’article 2 de la Déclaration  universelle  des droits de l’homme ; l’article 29 de la Convention  relative  aux  droits  de  l’enfant ; l’article 5 de la Convention  concernant  la  lutte contre  la  discrimination  dans  le  domaine  de  l’enseignement), la plupart des systèmes éducatifs de pays plurilingues continuent de dispenser un enseignement unilingue dans une langue qui n’est maîtrisée que par une minorité d’enfants.

C’est le cas, notamment, en Afrique francophone subsaharienne où la plupart des écoles proposent un enseignement dispensé exclusivement en français, y compris à destination des enfants qui parlent d’autres langues dans leur famille ou dans leur environnement proche.

Ce fonctionnement a des conséquences désastreuses sur la qualité de l’enseignement.

En effet, selon la synthèse du séminaire de Dakar consacré à l’amélioration des premiers apprentissages en Afrique (2016), la non prise en compte du multilinguisme dans les systèmes éducatifs explique en partie le fait que « 60% des enfants, voire plus, ne maîtrisent pas les premiers apprentissages en fin de primaire ».

En cette journée internationale de la langue maternelle, il est donc important de rappeler l’urgence de l’introduction effective des langues maternelles[1] des enfants dans les systèmes éducatifs.

Pour relever le défi d’une éducation de qualité pour toutes et tous, les blocages au déploiement de l’éducation bi-plurilingue doivent en effet être levés.

Au sujet des blocages quant au déploiement du bilinguisme, Solidarité Laïque a donné la parole à Richard Toni, cadre au Ministère burkinabé de l’Education nationale. Ce dernier nous explique comment l’usage du symbole a traumatisé toute une génération d’élèves devenue « prudente » quant à l’emploi des langues maternelles à l’école.

 

[1] Ou « langues premières » quand la langue de première socialisation de l’enfant n’est pas celle de la mère.

 

Pour en savoir plus sur les projets menés par Solidarité Laïque dans le domaine du bi-plurilinguisme scolaire, contactez Christelle Mignot, responsable du pôle « langue française et intégration » à Solidarité Laïque : cmignot@solidarite-laique.org

 

 

 

 

 

 

 

Pour aller plus loin : 

Journée internationale de la langue maternelle 2020 : célébrer les langues transfrontalières pour un dialogue pacifique – UNESCO – 20 février 2020

Langue française, de langue de domination à langue d’intégration – Solidarité Laïque – Christelle Mignot – 19 mars 2019

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